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8 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Magifique,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Après l'Histoire (Broché)
C'est à démasquer la Doxa qui submerge notre société que se consacre Muray. Il le fait avec une joie morose, si on peut hasarder cet oxymore. Des pépites dans une gangue qui n'est pas toujours facile à lire. Ainsi, tiré de Festivus festivus qui est de la même veine : « Tenez, voulez-vous en prime un portrait d'altermondialiste ? En voici un, saisi sur le vif par le reporter de Libération, et brossé comme de juste dans ce style a-critique et bucolique qui ferait ressembler à des pamphlets les romans de la collection « Harlequin ». Il s'agit, nous dit-on, de Toni, trente ans, RMiste. Vous allez voir comme il a changé en mieux, depuis La Bruyère, l'art du portrait. « Excitation maximum, quelques substances illicites au fond d'un pot de pâte à tartiner et une réserve de préservatifs. Toni ne s'embarrasse pas de périphrases: "Je suis là pour faire la teuf grave. Il y a de la militante sous la tente, je te dis que ça." Son camion tombé en rade à Paris, il a dû se rabattre sur le covoiturage pour rallier le causse. "Je vais retrouver ma mère, elle doit y être avec ses potes, ça va être la grosse teuf." Il cherche le van blanc Volkswagen maternel sans se rendre vraiment compte de l'étendue du site. "Sister, y a de la bonne vibration, ici.» Il se fiche un peu des problématiques politiques du rassemblement et évite les forums où on cause de l'avenir du monde. "Il fait trop chaud pour travailler. De toute façon, je pense que chacun doit commencer à travàiller sur lui-même avant de travailler à améliorer le monde. Moi, j~ m'occupe de moi, et c'est déjà beaucoup." N'empêche, le trentenaire se dit "pour l'agriculture biologique à fond, la légalisation du cannabis", et voudrait vivre en harmonie avec la nature. »
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7 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Homo anti-modernus,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Après l'Histoire (Broché)
Vous voulez savoir quelle est la matrice de Zemmour, Dantec, Levy (Elisabeth), Camus (Renaud), Finkielkraut and Cie? Alors vous lirez avec profit la prose de Philippe Murray alias mais-à-quelle-époque-vit-on-ma-bonne-dame tendance Fig Mag, période Pauwels. Philippe Murray est le contempteur de son époque (1980-2000) qu'il situe donc après l'Histoire (évidemment avec comme année zéro Mai 68) parce qu'elle aurait été totalement investie et polluée par Homo Festivus qui crée, promeut et développe un monde uniforme, vidé de tout ce qui faisait l'humanité. Avec Homo Festivus,adepte d'une pensée unique et formatée, tout disparaît jusqu'au réel. La ville n'est plus qu'une zone touristique traversée de rolleristes; Murray est un esthète qui sait contempler. La féminisation du langage, la parité, le PACS? Des symptômes de la fin de la différenciation sexuelle; pas un mot sur les oppressions et les discriminations générées par cette différenciation évidemment... beaucoup trop consensuel!. La transparence est évidemment d'essence dictatoriale et tire son origine de la violation de l'intimité perpétrée par la festivation de la vie, peu importe qu'un excès de droit à l'information soit transformée au prix d'un tour de passe en passe en cause. La libération de la parole des enfants victimes de pédophilie? Rien d'autre que la conséquence de l'évènement du néo enfant-roi (le rejeton d'homo festivus), au prix d'un amalgame avec le travers qui consiste à croire qu'une parole libérée est forcément vraie. La justice internationale, évidemment l'expression mondialisée de bons sentiments qu'il conchie. J'arrête là mais la liste n'est pas exhaustive. L'Histoire s'est arrêtée par la force maléfique d'une idéologie visant à abolir toute forme d'antagonisme et qui va jusqu'à créer des faux méchants pour faire accroire que l'Histoire continue.Philippe Murray est un mécontemporain qui vomit son époque avec une verve certes talentueuse mais qui ne m'a pas fait me relever la nuit. Il s'acharne beaucoup, radote parfois, et finit par sombrer dans la diatribe et l'invective rance (moisie aurait dit son pote Sollers); on cherche en vain quelques nuances. Il m'arrive aussi de trouver mes congénères désespérants et confondant de bêtises, la société de loisirs fade et vulgaire, la bienpensance exaspérante quand elle émane d'humanistes en peau de lapin. Et je ne parle pas de tous ces gens qui ne partagent pas mes opinions et qui font de mon passage sur terre un enfer. Parce que c'est bien ça la limite de la pensée de Philippe Murray: derrière une écriture pamphlétaire chiadée, se planque une personne qui - tout simplement - ne supporte pas d'avoir subi une défaite idéologique et plutôt que de se battre sur le fond privilégie un historicisme théorisant la fin de l'homme somme toute assez foireux. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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