"Après la Mort de Dieu" fait allusion, dans son titre à l'exclamation de Nietzsche et, dans le corps de l'ouvrage aux "philosophies de la mort de Dieu" dont toutes ne sont pas spécifiquement athées. L'expression évoque la crise spirituelle des 50 dernières années. Dans cet ouvrage, dont la première édition parut en 1974, réédité en 1999 chez Van Dieren ed. Dans une version augmentée, l'auteur confronte les "images de Dieu" que nous proposent les religions à celles que nous offrent philosophies et littératures. Entre la foi et la culture quelle relation existe-t-il ? Qu'en est-il du "renouveau du religieux" ? Se limite-t-il aux manifestations de fondamentalisme ou d'intégrisme montrées ici ou là sur nos petits écrans dès qu'une autorité religieuse et un pouvoir politique se tissent un destin commun ? Au revers, n'est-il que la récupération et la domestication du rite, telles qu'elles se manifestent en des liturgies laïcisées à l'occasion de catastrophes maritimes ou aériennes ? En un peu plus de 100 pages, A. Gounelle fournit des pistes pour penser tout cela. Plusieurs clefs de lectures sont possibles. Celle que je préfère est la suivante : "Après la mort de Dieu, nous trouvons encore Dieu, plus présent et plus vivant que jamais. Lorsque les images, les idées, les concepts forgés par l'homme s'effondrent, alors, nous sommes devant cet autre qui nous rencontre mystérieusement, et qui s'impose à nous au delà de ce que nous pensons et sentons". Au moment où l'on béatifie Pie IX, le pape du Syllabus et où l'église catholique romaine revivifie le thème de Pastor Aeternus en publiant la déclaration Dominus Jesus, la réflexion d'André Gounelle prend une subite actualité. "Tu ne feras pas d'images taillées" : si rares sont les religions historiques qui nous proposent des idoles, André Gounelle nous appelle à identifier puis repérer, particulièrement dans les christianismes, les circonstances où nos images mentales de Dieu nous cachent le message chrétien.