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Arabités numériques : Le printemps du Web arabe [Broché]

Yves Gonzalez-Quijano

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Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'introduction

We are going to start hearing from ordinary people...
JIMMY WALES, CHARM EL-CHEIKH, 2008

Qui avait entendu parler de Rami al-i'tisâmi avant le Printemps arabe ? "Rami l'insoumis" pourrait-on dire en français, pour restituer un peu de l'assonance dans le titre arabe de cette comédie sortie sans grand succès sur les écrans égyptiens en 2008. Elle donnait pourtant le récit, quasi prémonitoire, des événements qui provoquèrent la chute du président Hosni Moubarak en 2011 ! Sur le mode comique, Rami al-i'tisâmi raconte les aventures d'une bande de petits-bourgeois cairotes désoeuvrés. Adeptes de la fumette et de l'ordinateur portable, ils créent, vautrés sur des coussins, toutes sortes de groupes Facebook aux noms plus improbables les uns que les autres : Non au hachich ! Non au sport ! Non aux filles ! Finalement oui au hachich ! etc. Jusqu'au jour où Rami imagine de créer le groupe Changeons l'hymne national !, parce qu'il est trop difficile pour lui à jouer sur sa guitare...
Le sort en est jeté. Au prix d'une suite de péripéties, Rami, dont le groupe a très vite réuni quelque 200 000 "amis" sur la Toile, se retrouve sur le plateau d'un talk-show d'une chaîne satellitaire locale. En dépit de l'intervention pleine de bonnes intentions mais maladroite du Premier ministre - on est encore sous Moubarak, et il n'est pas question pour ce genre de comédie de s'aventurer trop loin dans la critique politique ! -, le guitariste amateur se retrouve leader malgré lui d'un puissant mouvement de protestation. Sous les fenêtres du Conseil des ministres s'établit un vaste campement informel qui regroupe les éternels militants de l'opposition progressiste auxquels se joignent les "sauvageons" des banlieues déshéritées ainsi que les partisans disciplinés des mouvements qui se réclament de l'islam politique. On est au cinéma, et tout est bien qui finit bien ! Malgré les interventions d'une puissance étrangère (les USA !) bien décidée à jeter de l'huile sur le feu, les forces de l'ordre, jouant sur les divisions qui déchirent les émeutiers, finissent par reprendre le contrôle de la situation. Néanmoins, le film se referme sur un appel à renverser le régime : Rami, désormais doté d'une réelle conscience politique, lance une nouvelle campagne sur Facebook...
A la manière d'A la Maison-Blanche, feuilleton télévisé prophétisant plusieurs années à l'avance l'élection du premier président des États-Unis issu d'une "minorité visible", les aventures de Rami al-i'tisâmi racontent avant l'heure des événements que le monde n'est pas près d'oublier : depuis les premiers appels sur Facebook du groupe Nous sommes tous Khaled Saïd en juin 2010 jusqu'à la place Tahrir et à son vaste campement de protestataires, en passant par l'improbable enchaînement des événements, source d'innombrables commentaires sur le rôle qu'ont pu jouer dans la chute du régime égyptien les nouvelles technologies de l'information et de la communication (où certains ne sont pas loin de voir la main du diable, en tout cas celle "de l'étranger"). Comme dans le story telling des spin doctors de la communication politique, il arrive que la fiction entretienne avec la réalité des liens aussi subtils que complexes. Alors que le peuple égyptien était entré dans l'insoumission, Ahmad Eid, le comédien qui incarne le personnage de Rami, fit ainsi une apparition remarquée lors d'un talk-show retransmis par une chaîne égyptienne ; endossant la personnalité du héros du film, il lança en direct un appel au boycott des journalistes trop marqués par leur soutien à l'ancien régime.

Un mot de l'auteur

A trop vouloir faire défiler les "saisons" des soulèvements arabes, du printemps à l'hiver alors qu'on n'a pas encore vu le printemps, on ne voit pas la vraie révolution, celle qui est en passe de modifier le cours de l'histoire dans cette région du monde. Cela concerne peut-être la vie politique, en fonction de circonstances qu'il est bien difficile de prévoir, mais plus sûrement des pans entiers de la vie sociale, depuis le rapport à l'autorité, qu'elle soit familiale ou religieuse, jusqu'aux relations entre les membres de cette "génération Y" arabe, en passant par l'invention d'une nouvelle langue, de nouveaux codes culturels, etc. En bref, tout ce qui fait les "arabités numériques" de demain !

Yves Gonzalez-Quijano

Biographie de l'auteur

Yves Gonzalez-Quijano est maître de conférence en littérature arabe à l'Université de Lyon II et chercheur à L'Institut Français du Proche-Orient. Il est l'auteur de Les gens du livre, édition et champ intellectuel dans l'Egypte républicaine, (CNRS Editions, 1998) et a dirigé l'ouvrage Les Arabes parlent aux Arabes (Sindbad, 2011). Il a également traduit un certain nombre d'auteurs arabes en français, notamment Mahmoud Darwich, Hanan El-Cheikh et Sonallah Ibrahim.
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