Le sixième Chemical Brothers poursuit le chemin tracé depuis le milieu des années nonantes. Les repeat one de "We Are The Night", les voici: "We Are The Night", "Saturate", "Das Spiegel" et "Battle Scars". Vous y trouverez un concentré des évolutions de "Star Guitar 2001)", "Hold Tight London (2005)", "Surface To Air (2005)", "The Sunshine Underground (1999)". Bref, c'est excellent!
Oubliez cependant le duo brit-rock de cette fournée, les précédents étaient de meilleur calibre. Les Klaxons, alors qu'ils étaient des alliés évidents pour ce disque, n'ont pas assuré. Allez plutôt voir du côté de "The Salmon Dance", au beat afro, un brin ironique. On y retrouve Fatlip, hip-hopeur de Los Angeles assez talentueux. L'influence de Gorillaz est marquée, mais le morceau est bon, et son titre enchanteur. Willy Mason chante à la Nick Cave sur des jolies symphonies dans "Battle Scars", complètement entêtant, tout comme "The Pills Won't Help You Now" où les invités sont Midlake.
Rayon clubbers déchirés, genre "Out Of Control (1999)" passé au fer à repasser, "Burst Generator" rempli tout à fait son rôle. Pour peu, ce serait un regard sur le fameux technorock originel dont les Chemical Brothers ont lancé les bases. De bonnes descentes euphoriques, un bon son tortueux digitalisé.
Voilà le panorama de "We Are The Night" froidement dressé. En même temps, la nuit, il ne fait pas chaud... N'y voyez pas un signe de mauvaise note, car "We Are The Night" ne la mérite pas. Que du contraire. Il est bien conçu, diversifié et homogène, sachant surprendre avec régularité. Les frères chimistes n'ont en fait jamais faillis à leur nom: tout est calculé au milligramme pour nous satisfaire. Et ils remplissent leur métier à la perfection: "We Are The Night" est une réussite.
Ca donne un vrai cinq étoiles, le quatrième de leur carrière!