undrgrnd Cliquez ici NEWNEEEW nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos FIFA16 cliquez_ici Rentrée scolaire Shop Fire HD 6 Shop Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo
  • Tous les prix incluent la TVA.
Il ne reste plus que 12 exemplaire(s) en stock (d'autres exemplaires sont en cours d'acheminement).
Expédié et vendu par Amazon.
Emballage cadeau disponible.
Quantité :1
Arguments d'un dés... a été ajouté à votre Panier
État: D'occasion: Bon
Commentaire: Amazon - Offres Reconditionnées vous assure la même qualité de service qu'Amazon.fr ainsi que 30 jours de retour.
Vous l'avez déjà ?
Repliez vers l'arrière Repliez vers l'avant
Ecoutez Lecture en cours... Interrompu   Vous écoutez un extrait de l'édition audio Audible
En savoir plus
Voir cette image

Arguments d'un désespoir contemporain Broché – 14 avril 2011


Voir les formats et éditions Masquer les autres formats et éditions
Prix Amazon Neuf à partir de Occasion à partir de
Broché
"Veuillez réessayer"
EUR 22,00
EUR 22,00 EUR 19,36

Rentrée Littéraire 2015 : découvrez toutes les nouveautés de la rentrée en livre et ebook Rentrée Littéraire 2015 : découvrez toutes les nouveautés de la rentrée en livre et ebook


Offres spéciales et liens associés


Produits fréquemment achetés ensemble

Arguments d'un désespoir contemporain + Fatigue du sens
Prix pour les deux : EUR 38,30

Acheter les articles sélectionnés ensemble

Descriptions du produit

Extrait

J'ai appris à lire en même temps qu'à tuer.
Henry David Thoreau fait remarquer, à propos des Algonquins, qu'il y a une période dans l'histoire d'un peuple où les chasseurs en constituent l'élite. Le chasseur n'est pas seulement celui qui sait donner la mort ; il est aussi un homme de l'aube. Je ne suis pas, moi, un Algonquin, ni un oiseau de nuit, ni un homme des foules. Je ne fréquente mes semblables qu'avec parcimonie, et plus volontiers des femmes, observant dans tout être humain la syntaxe où il vit et où il meurt, considérant l'amour de l'humanité comme une illusion sentimentale autant que politique, et tentant de comprendre comment l'humanité s'abolit dans l'illégitimité du nombre, par exemple dans la foule que je traversais, ce jour-là, principalement composée de Noirs, de Maghrébins, de Pakistanais, d'Asiatiques, de diverses sortes de métis, et de quelques Blancs, hommes et femmes, dont deux petites lesbiennes se tenant par la main avec défi, suivies d'un nain dandinant son corps pitoyable entre de jeunes beautés tapageuses, et des enfants, des vieillards, laids, mal vêtus, l'ensemble se mouvant dans une puanteur constituée de relents d'égouts, de viennoiseries, de parfums et de produits de chez Me Donald's, au sein d'un vacarme dont on ne savait plus s'il annonçait la fin du monde ou s'il la faisait désirer, sur ce quai de la station Châtelet-les-Halles, un samedi après-midi, dans ce qui fut le ventre de Paris, et qui est devenu cette gigantesque gare souterraine, au-dessous des anciens cimetières des Innocents et de Saint-Eustache : des bas-fonds, où je ne descends jamais sans songer qu'à la foule se mêlent les spectres d'innombrables défunts, dont j'avais vu exhumer les os, quarante ans auparavant, et me demandant au milieu des grondements, des rumeurs et des cris, si, plus encore que la lumière, l'air libre n'est pas la première manifestation de la vérité. À la fraîcheur du dehors, à l'innocence du jour, j'aspirais plus que tout, dans ce troupeau de damnés qu'un «mouvement social» ou un suicide, en aval ou en amont, faisait s'accroître sur le quai, de sorte que, pour en finir avec l'effroi qui me gagnait, j'ai changé de quai et suis monté dans un autre train, où j'aurais pu être tranquille si, au dernier moment, ne s'étaient précipités dans le wagon une dizaine de jeunes Espagnols presque tous obèses et braillards, tandis qu'un petit Romanichel passait en mendiant avec une telle insistance que je l'ai chassé d'un geste de la main, lequel m'a valu de la part d'une femme entre deux âges, non maquillée, les cheveux grisonnants, coupés au carré, les lèvres blêmes, l'expression indignée d'une catholique de gauche ou d'une militante des Droits de l'Homme, la réflexion suivante : «C'est un être humain, tout de même !» J'aurais pu répondre que l'appartenance générique à l'espèce humaine n'implique pas qu'on en soit digne, encore moins qu'on m'importune ; c'eût été entrer dans une logique supposant ma sujétion à l'Empire du Bien, et honorer d'un rapport dialectique ce genre d'adversaire qui se dresse fréquemment devant moi dans son aigre épiphanie, et rend dangereux le simple fait de marcher dans la rue, outre les chiens qui ont accédé, en France, à un statut quasi humain, avec bientôt des droits, lesquels, n'en doutons pas, ouvriront la voie à des mariages humano-zoologiques, comme en témoignent, tout à fait légitimes et intéressantes, certaines préoccupations philosophiques actuelles, chez le dernier Derrida et chez Elisabeth de Fontenay, mais aussi, hélas, la sensiblerie occidentale et tous les zélotes d'un franciscanisme athée et militant, qui souhaitent confondre l'homme et l'animal et qui finiront par m'inculper d'incitation à la haine animale.

Biographie de l'auteur

Né en 1953, Richard Millet est écrivain et membre du comité de lecture des éditions Gallimard. Son livre Le Sentiment de la langue (Gallimard, 1994) a reçu le Prix de l'essai de l'Académie française.



Détails sur le produit

  • Broché
  • Editeur : Editions Hermann (14 avril 2011)
  • Collection : Littérature
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2705680446
  • ISBN-13: 978-2705680442
  • Dimensions du produit: 21 x 1 x 14 cm
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 260.411 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
  • Table des matières complète
  •  Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?


En savoir plus sur l'auteur

Découvrez des livres, informez-vous sur les écrivains, lisez des blogs d'auteurs et bien plus encore.

Quels sont les autres articles que les clients achètent après avoir regardé cet article?

Commentaires en ligne

5.0 étoiles sur 5
5 étoiles
1
4 étoiles
0
3 étoiles
0
2 étoiles
0
1 étoiles
0
Voir le commentaire client
Partagez votre opinion avec les autres clients

Commentaires client les plus utiles

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile  Par Titeux Pascal le 27 avril 2014
Format: Broché Achat vérifié
Dans son style toujours éclatant et construit, loin du minimalisme à la mode, R. Millet poursuit sa mission d'éclaireur -à l'envers de ceux qui le croient à l'arrière-garde. Ce siècle du politiquement correct lui devra peut-être, à lui et quelques autres, la survie de la liberté de pensée. A lire par tous ceux qui si' terrogent sur le statut de l'intellectuel, et la fonction de la littérature.
Remarque sur ce commentaire Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
Merci pour votre commentaire. Si ce commentaire est inapproprié, dites-le nous.
Désolé, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer

Rechercher des articles similaires par rubrique


Commentaires

Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?