Le grand Villazon dans un récital Haendel, pourquoi pas ? L'album est magnifique et digne de ceux que nous offre Cecilia Bartoli. Un livre-disque riche et rempli de photos de Villazon. Villazon sérieux, Villazon rieur, Villazon en couleur, Villazon en noir et blanc, Villazon jusqu'à la nausée ! Il y a même un DVD. Ah oui, Villazon chante. Il chante du Villazon, c'est-à-dire ce que lui a appris son mentor Placido Domingo. Il chante des extraits de Tamerlano, de Rodelinda, de Xerses, d'Ariodante, De La Resurrezione. Les da capo avec embellissements sont de Jory Vinikour. L'émission est dure, les vocalises sont primaires. Il chante les airs écrits pour des voix féminines, tel " Scherza infida", mais il ne peut rivaliser avec Anne-Sophie von Otter, par exemple. C'est un récital courageux, mais maladroit. Une trop grande voix ne peut tout faire. Ecouter le récital du ténor anglais Mark Padmore chez Harmonia Mundi, vous y entendrez la simplicité, le charme, la grâce que réclame Haendel. Ce charme, Villazon ne le possède pas. Il se donne corps et âme, il fait des efforts, mais il n'y a pas l'étincelle de la simplicité. Tout est pareil, tout se mélange, "Ombra mai fu" avec " figlia mia non piangere". Il est vrai que les grands airs pour ténor sont dans les oratorios anglais, tell Jephta avec la merveille "Waft her, angels, through the skies" enregistré magnifiquement par John Marc Ainsley, ténor respectueux de la partition. Villazon a le mérite d'avoir essayé. Mais tout est forcé. Cet album est tout sauf du chant haendelien.