Les disques-portaits consacrés aux opéras et oratorios de Haendel sont devenus courants. On peut compter quelques réussites incontestables mais aussi des ratages mémorables. "Ombra mai fù" appartient incontestablement à la première catégorie.
1. Le contre-ténor allemand Andreas Scholl dispose, en 1999,, à l'âge de 32 ans, de toutes ses capacités vocales : l'aigu n'est jamais agressive et sa voix veloutée procure une émotion sans cesse renouvelée à chaque audition. Il est autant à l'aise dans les airs de vaillance "le "'Va tacito" de "Giulio Cesare in Egitto" ) ou de tendresse (l'aria "Ombra mai fù de Serse" voit là sa version de référence (l'admirateur que je suis n'hésitera pas à écrire définitive).
2. Le programme est consacré à des opéras de Haendel : certains sont très connus et d'autres tombés dans l'oubli non parce qu'ils étaient mauvais mais parce qu'ils n'ont pas été suffisament interprétés pour marquer durablement la postérité.
3. L'interprétation de l'Akademie für Alte Musik est superbe : j'ai particulièrement apprécié l'insertion au sein des morceaux vocaux de morceaux purement instrumentaux qui, outre leur réelle beauté, offrent d'utiles pauses qui maintiennent intacte l'attention de l'auditeur. On se réjouira d'écouter le concerto grosse extrait de l'oratorio "Alexander's Feast" interprété avec conviction et non pas avec indifférence comme c'est malheureusement souvent le cas.