"L'ombre dessinant l'ombre, les feuilles mortes éparses sur le sol, le labyrinthe de la nature, son reflet tremblant sur une mare."
Cette petite citation extraite de la dernière page du chapitre 6 d'Aristoï donne le "la" d'un des styles caractéristiques de WJ Williams : graines d'éruditions, jaillissements multiculturelles, finesse, et entremets poétiques sont semés entre les pages dans le flux de l'aventure.
Des références multiples au zen, au Japon, à la Chine ancienne, à la Grèce antique, à « La République » de Platon, à l'art, la musique, la poésie, la danse, etc. enrichissent l'aventure humaine du héros qui se lit bien et je crois que c'est ce qui me plait.
Mais cela reste aussi de la SF teintée Cyber avec des futurs possibles et même crédibles: après l'autodestruction de la Terre par des nanotech, le pouvoir politique se structure autour d'une caste élitiste de dictateurs éclairés, recrutés par examens, qui utilisent la puissance technologique pour créer des mondes et les arts martiaux et posturaux pour garder leur self contrôle psychique au sens quasi-freudien.
Si vous aviez déjà aimé "Câblé", son autre roman zen-cyber, ou « La stratégie Ander » avec son petit coté « développement personnel », ce livre pourrait aussi vous plaire.
En résumé, une des « personnalités multiples » du héros Gabriel s'appelle "Pluie bienfaisante", et cela pourrait être le titre de mon commentaire.
Aristoï fait donc partie de mon top ten personnel de la SF et je vous le recommande vivement.