En 3 mouvements, composée en 1973, la symphonie n°7 d'Arnold s'ancre un peu plus dans le XXè siècle, tant du point de vue de l'expression que de l'écriture musicales. Dans l'Allegro energico , un thème lyrique gémissant aux cordes s'oppose à la brutalité du reste de l'orchestre. L'écriture si caractéristique du compositeur s'y retrouve : percussion importante dialoguant avec les cuivres qui interviennent par blocs sonores agressifs et stridents. La fin est sans surprise : tragique. L'Andante con moto rappellera au mélomane averti l'ambiance morbide et étrange de la n°15 de Chostakovitch, avec ses bribes de thèmes lancinants où deux trompettes solos errent dans cet univers inquiet et fantomatique, ponctué ici et là de coups de percussions venus de nulle part , sonnant « à vide » pour aller vers une fin sombrant dans le néant des cordes. L'Allegro final rappelle le mouvement initial mais Arnold sait ne pas se répéter en introduisant de la musique qui apparemment n'a rien à faire ici (ce n'est pas la première fois dans le corpus symphonique), au demeurant de la musique traditionnelle celtique évoquant un groupe folklorique irlandais. Une cloche sonne aux moments d'intensité tragique dans toute cette oeuvre, comme chez Mahler...
Elle aussi en 3 mouvements, la symphonie n°8 (1978) peut être entendue comme la « suite » de la précédente, tout aussi inquiète, si ce n'est plus. L'impressionnant premier mouvement, avec un discours très tendu d'emblée (cordes tendues, entrecoupées de violents coups au timbales) est suivie d'une marche légère au piccolo en permanence interrompue, écrasée par des morceaux mélodiques, comme si ils voulaient la neutraliser. En total contraste, l'atmosphère irréelle et mystérieuse du II met en valeur l'art de l'orchestration d'Arnold avec ses fantastiques combinaisons de timbres. Plus serein, le III l'est effectivement par plus de gaieté mais n'est pas dépourvu d'ambiguïté. Comme la symphonie n°6 la fin est très (trop ?) optimiste et laisse un sentiment étrange.
Enregistré « en présence du compositeur ». Comme les autres volumes de la série, livret en français.