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Refusant de se laisser enfermer dans le carcan du neometal, les Deftones invoquent leur multiethnicité (deux Mexicains, un Chinois et un Blanc) pour revendiquer une diversité d'influences permettant de toucher un public très vaste. Ça, c'est la théorie. En pratique, il faut cependant appeler les choses par leur nom. Les Deftones ne jouent ni du grunge, ni du punk-rock (et encore moins du hardcore, contrairement à ce que l'on a pu lire parfois), ni du hard rock, ni même du metal "normal" (quoique l'énergie qu'ils dégagent s'y prête volontiers), mais bel et bien du neometal. Et tant pis si l'on range souvent un peu tout et n'importe quoi dans cette catégorie. Car, même si les Deftones savent se montrer cajoleurs à l'occasion, lorsque le tempo se fait plus lent et la voix de Chico Moreno plus langoureuse, ils ont plutôt tendance à appuyer singulièrement leurs accords... peut-être aussi pour se débarrasser des ressemblances trop flagrantes avec Korn qui leur furent reprochées à l'époque d'
Adrenaline, leur premier album. On notera par ailleurs la présence, en invité d'honneur, de Max Cavalera, l'ex-leader de Sepultura parti fonder Soulfly, sur le titre "Head Up" (dédié à la mémoire de Dana, le beau-fils de Max, décédé dans un accident de la route en août 1996).
--Hervé SK Guégano
Critique
Deux ans après un album qui ne l’a pas aidé à s’extraire de l’underground, Deftones revient avec
Around the Fur, un disque plus maîtrisé et varié, qui marque le début de la notoriété pour les quatre skaters de Sacramento.
Ça démarre fort avec le single
« My Own Summer (Shove it) », qui deviendra l’un de leurs plus grands succès. Pour l’essentiel, Deftones perpétue et approfondit sur ce deuxième album la recette mise au point avec
Adrenaline et que résumait
« Bored » : un riff répétitif et entêtant, des modulations vocales allant du soupir au hurlement, une section rythmique puissante et carrée, soit une tension permanente entre rage électrique et accalmie inquiète.
Voilà donc un disque qui mérite vraiment l’écoute. Pour le chant dolent et traînant de
« Mascara » ; pour le riff impeccable de
« My Own Summer » ; pour la rage éclatante de
« Around the Fur » ; pour la parfaite introduction à la basse de
« Dai the Flu » ; pour le remarquable duo Chino Moreno / Max Cavalera (ex-Sepultura),
« Headup », qui peut être considéré comme un des « must » du rap metal, débordant de hurlements féroces. Enfin, et peut-être surtout, pour la sensualité trouble et languide du fantastique
« Be Quiet and Drive (Far Away) », dont le riff ample fait penser aux Smashing Pumpkins (période
Siamese Dream) et qui paraît annoncer les ambiances éthérées de
White Pony.
A noter, également, la présence – à nouveau – d’un titre fantôme, cette fois sur la dernière plage (
« MX ») :
« Damone », l’un des meilleurs du disque.
Mikaël Faujour - Copyright 2012 Music Story