5.0 étoiles sur 5
Un monde fou, fou, fou..., 24 octobre 2011
Arturo Brachetti (il est né en 57 et le moins que l'on puisse dire est qu'il ne fait pas vraiment son âge !) est le plus que digne successeur d'un autre italien qui fit du transformisme un art mondialement applaudi à la fin du XIX° comme au début du XX° siècles, en l'occurrence l'immense Fregoli.
Enfant, il s'était fabriqué un petit théâtre de marionnettes (dont il est d'ailleurs question dans ce spectacle) ; plus tard, au séminaire (car il aurait dû devenir prêtre !), il a fait la connaissance d'un curé qui se passionnait pour la magie ; et dès l'âge de 15 ans, il a commencé de monter de petits spectacles de transformisme. En 78, il a débuté professionnellement parlant au mythique 'Paradis Latin' de Jean-Marie Rivière à Paris. Se partageant à partir de là entre l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et la France, puis très vite aussi les Etats-Unis, il s'est imposé entre-temps comme le plus doué des transformistes contemporains, aujourd'hui applaudi sur la planète entière autant pour ses transformations ultra-rapides que pour sa poésie qui le rapproche d'un autre de ses compatriotes, le mage Fellini auquel il rend d'ailleurs copieusement et magnifiquement hommage dans ce spectacle.
Le spectacle lui-même dure 1h40mn et se complète d'une bonne heure de bonus qui permettent évidemment non pas de découvrir quoi que ce soit sur ses secrets de scène, mais beaucoup de choses sur l'immense et intense préparation que demandent ses spectacles : écriture, mise en scène, incroyable travail au niveau des époustouflants costumes, des splendides décors comme des étonnantes lumières et projections qui donnent au tout son aspect extraordinairement festif.
Le spectacle s'articule autour du grenier de sa Mamma, qui vient de mourir (c'est la fiction du spectacle), et dont la maison doit donc être vidée, inclus le magique grenier de l'enfance d'Arturo. D'objet en objet, les souvenirs remontent à la surface et nous valent des 'sketches' sur le grenier lui-même, un chapeau un peu particulier, l'album-photo de la famille, un très brillant violoniste, le théâtre de marionnettes évoqué plus haut, les ombres chinoises (une autre spécialité du Maestro), les quatre saisons et le temps qui passe, et surtout une 'dernière séance' à la limite du rêve qui conclut le tout en un incroyable feu d'artifice visuel que le cinéaste de Rimini n'aurait probablement pas renié.
Ne cessons jamais complètement d'être des enfants, c'est le message d'Arturo Brachetti. Son spectacle magique, exceptionnel, unique, hors-normes vous y aidera considérablement, n'en doutez pas !
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