Arvo Pärt a fait un peu de chemin depuis "Alina", la brève pièce pour piano écrite dans les années 70 qui est la "clef" de tout le nouveau langage musical du compositeur : la technique du tintinnabulement, qui fait sonner la musique ('klingen' en allemand) comme de petites cloches au son pur et cristallin.
Les oeuvres les plus récentes de Pärt, bien qu'écrites avec les mêmes techniques tintinnabulesques, sont tout de même plus aventureuses, plus expérimentales et plus colorées.
Cette longue lamentation divisée en plusieurs sections, comme autant de réponses à une même question, est émouvante jusqu'à l'oppression ; la musique est quelque peu glaçante, surtout après les appels du "tuba mirum" du tout début.
Mais ensuite, c'est au coeur du silence qu'on accède : musique silencieuse.... un paradoxe? non, car c'est une musique qui GENERE un silence environnant, c'est le silence qu'on entend autour des notes.
Une bouleversante contemplation que nous propose une fois de plus le grand Arvo.
Les fans ne seront pas déçus, même si, peut-être, il faut un temps un peu plus long avant que la musique nous parle et nous touche plus familièrement que les autres chef-d'oeuvres de Pärt.