Avec «As time goes by», Bryan Ferry semble délaisser les titres glamour de crooner sophitiqué qui constituaient l’essentiel de ces derniers enregistrements. Ainsi livre-t-il ici quinze titres jazzy remarquables empruntés avec grâce au répertoire insurpassable des années trente. Signées Cole Porter, Herman Hupfeld, Rogers & Hart, Kahn & Donaldson et ainsi de suite, il s’approprie non sans beaucoup de feeling, une petit éventail de standards intemporels et s’accomode brillament de leur merveilleuse patine. Très bien entouré, avec une mention spéciale au pianiste Colin Good, Bryan Ferry gagne à changer de pied et à remiser son inspiration habituelle. Encore que cet album se révèle plus personnel qu’il n’y paraît au premier abord. On en prendra pour preuve, ce n’est qu’un exemple, l’orchestration de «Where Or When» qui n’est pas sans rappeler l’excellent «Zamba». Voici donc un album de gourmet qui s’écoute et se réécoute avec infiniment de plaisir.