Il vient de la quitter, sans préavis. Lâchement, il a envoyé son père à sa place, retournant dans le giron parental. Le père prend le prétexte d'un robinet à changer pour annoncer à la jeune femme la décision de son fils, dont il récupère non sans mal les affaires. Elle n'est qu'incompréhension, et, comme une harpie, harcèle de ses reproches tous les hommes qu'elle rencontre. Arrive la mère, frustrée de cette rupture qui s'est faite sans elle...
Distillant un cynisme et un humour au vitriol qui nous avaient explosé à la figure dans « Univers, univers », Régis Jauffret remet le couvert avec l'histoire de cette séparation pleine de sarcasmes, avec cette fois un quatuor de voix aussi névrosées les unes que les autres. Un « asile de fous » moins enthousiasmant que le précédent, l'effet de perturbation dans les habitudes de lecture s'étant émoussé. Un roman qui reste malgré tout extrêmement dérangeant, bien sûr, à sélectionner à tout prix parmi les centaines de romans de cette rentrée. Un auteur à suivre.