Cette édition de luxe, appelée « la grande collection » doit à mon sens être préférée à l'édition d'origine, quoiqu'en disent les inconditionnels de l'original. Par son format d'abord : c'est un vrai plaisir de voir en grande taille, le travail de dessin : le trait y est beaucoup plus net que dans la première édition qui ressemble, si on la compare case par case, à une vulgaire photocopie plus ou moins floue ! De plus, si le dessin n'est absolument pas modifié (sauf la couverture), les couleurs sont quant à elles totalement retravaillées (ainsi que le lettrage) ce qui donne à mon avis toute sa valeur à cette collection. L'éditeur a eu la bonne idée d'insérer la planche originale de la première page en « bonus » (avec des « premières esquisses » et un « coin du collectionneur ») et la différence saute aux yeux : des à-plats sommaires et souvent arbitraires très années 60/70 sans aucune nuance, on se trouve face à de très belles couleurs très proches de la réalité, dont le sommet est sans doute dans les planches représentant des scènes de nuit, avec l'aura lunaire, les dégradés d'ombre sur les objets, ce qui créé une véritable atmosphère nocturne. La finesse en dégradés des couleurs donne beaucoup plus de volume et de présence, de réalité en somme, et l'on ne devrait pas s'en plaindre.
Mise à part une amusante explication de Karnak, l'humour est bien absent de cet album tristounet, où jamais l'action - très simple - ne décolle, où les scènes se répètent - deux fois un déguisement pour kidnapper le bébé, deux fois le bébé qui prend de la potion avec les mêmes effets. Des jeux de mots un peu faciles, pas d'anachronismes, marques de fabrique de la grande époque et... beaucoup de chansons. Graphiquement, la scène de l'incendie du village est très réussie avec ses belles couleurs intenses rouge-orange. L'esprit de Goscinny est bien mort.