Scénaristiquement, on frise le néant. Il n'y a tellement rien à raconter qu'il y a des vignettes énormes partout, des quarts de pages, des demi pages, des pages complètes. L'intrigue est bouclée quelques planches avant la durée syndicale de 44 planches, donc on tente de la relancer avec quelques gags pour combler les trous, comme le toune qui grandit (et hop, quelques vignettes de quart de page en plus) ou le toune qui noircit, oh la la mais que d'aventures.
L'univers d'Astérix est présent sous la forme du minimum syndical : une case de pirate, une de bagarres, une de baffes aux romains... Et tous les personnages sont tellement des caricatures d'eux-mêmes qu'ils radotent, on dirait qu'ils approchent tous les 80 ans.
Humoristiquement, je ne sais pas, je cherche encore. Les références sont désormais si faiblardes qu'il faut systématiquement les expliquer en bas de vignette.
Quant à l'esthétique, bon c'est subjectif, chacun aura donc son avis, le mien c'est que c'est l'un des albums les plus moches .
Je trouve tout ça d'une grande tristesse. Pour Goscinny. Et pour Astérix, celui que j'ai tant aimé depuis mon enfance.
Voyons les choses en face : monsieur Uderzo se fout ouvertement de la gueule des lecteurs de plus de 8 ans, il contemple juste ravi l'explosion des chiffres des ventes au journal télévisé. Explosion uniquement dûe à la promo et à la sortie mondiale avec interdiction de vendre avant le jour J.
Dire qu'Uderzo disait encore en septembre : "je ne souhaite pas qu'on poursuive les aventures d'Astérix après ma mort, desfois qu'on me l'envoie sur la Lune".
Moi je suis prêt à prendre les paris qu'il va le faire lui-même.