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12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Dix minutes chrono pour une vie,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Asterios Polyp (Relié)
Asterios Polyp n'est pas la meilleure bd que j'ai lue, ni même la meilleure de la décennie. Mais Asterios Polyp reprend tout ce qu'on peut attendre de meilleur dans la bd, y compris une somme non négligeable de références que, après deux lectures, je n'ai toujours pas réussi à énumérer. En fait, ce roman graphique a pour lui bien plus qu'une somme de références, un dessin virtuose, une composition réfléchie et limpide, une réflexion poussée, des personnages attachants et une histoire plaisante : Asterios Polyp a une âme.Fruit mûr de Mazzuchelli, qui nous parle d'un homme seul face à la vie, cette bd retrace tous les sentiments de l'homme, de sa naissance à sa libération, constatant à chaque planche ce qui peut interroger, ce qui fait douter, ce que nous jouons jour après jour, sans jamais émettre le moindre jugement, sans aucune animosité. Le tout dans un questionnement sur le support même qu'il exploite, l'art graphique. Le texte se fait donc concis et laisse parler les images, leur traitement, leur représentation et leur interprétation, s'adressant autant aux dessinateurs, aux graphistes, aux architectes qu'à ceux qui les regardent. Sans jamais oublier son sujet, sans digression creuse. Un travail à la fois apaisé et titanesque, à l'intérêt sans doute pérenne, sur lequel le lecteur pourra revenir à l'envi. Asterios nous emmène à Apogée au sens propre comme au figuré, et tout amateur de livre, quelle que soit sa forme favorite ou son traitement préféré, devrait se pencher sur ces centaines de pages remplies de plénitudes et dénuées de platitudes. Un livre d'altitudes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
une bd qui restera bd,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Asterios Polyp (Relié)
mazzuccheli virtuose du neuvième art:cette bd sans être un chef d'oeuvre scénaristique est pour sur un chef d'oeuvre d'art plastique, un chef d'oeuvre du neuvième art. une étude graphique en 280 pages ou rien n'est laissé au hasard: Chaque personnage est identifiable non seulement bien sur par son apparence mais surtout par un trait de crayon caractéristique et caractérisant son temperament, sa personnalité mais aussi une calligraphie et une forme de phylactère propre. l'auteur joue avec l'espace de la page et se joue des cases. le sempiternel découpage de la page en un nombre de case plus ou moins vriable est ici abrogé, pleine case, dessin en coin, schéma tt y passe. plus que le scénario c'est le coté littéraire du texte qui est déconcertant et petrie de références artistiques. une bd qu'il est donc nécessaire de relire pour en découvrir tte les richesses Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Born again,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Asterios Polyp (Relié)
David Mazzuchelli est en passe de devenir le phénomène bobo de l'année , lauréat d'Angoulême 2011 , adulé par des personnes un peu agaçantes et vaguement opportunistes ( Telerama , les Inrocks ) .Le lecteur de comics , ce média longtemps conspué par ces gardiens du bon goût , se rappellera que Mazzuchelli a pourtant commencé sa carrière chez les super héros avec le roi Frank Miller sur Batman: Year One Deluxe et surtout Daredevil: Born Again qui partage de nombreuses analogies avec Asterios Polyp . Des héros de la classe supérieure ( un architecte vs un avocat ) se retrouvent à la rue après que les éléments aient décimé leur vie ( le feu puis une tempête de neige pour Matt Murdock , l'orage pour Polype ) . Ces hommes qui n'avaient jamais eu à s'inquiéter de leur devenir financier deviennent des parias . A l'issue d'une disparition d'un monde dans lequel ils étaient déjà en rupture ( factures impayées , séparation amoureuse , dépression ) , la rédemption apparait avec pour toile de fond la fragilité de notre identité . La folie guette Matt Murdock , Asterios est habité par un frère jumeau décédé qu'il n' a jamais connu . Avec ces angoisses existentielles que l'auteur partage avec ses personnages , il n'est pas inutile de rappeler que Mazzuchelli a également illustré la Trilogie new-yorkaise : Cité de verre - Revenants - La Chambre dérobée de Paul Auster qui aborde ces thèmes. Atserios Polyp est pourtant bien plus qu'une simple redite de la ( petite) oeuvre de Mazzuchelli . Ce type en 300 pages a construit une Odyssée à visage humain ( Asterios passe par une ville appelée... Ithaque !) où comme dans Une histoire vraie (The Straight Story) , il retrouve un sens à sa vie sur la route en côtoyant de superbes personnages secondaires . De l'extravagante mais perspicace Ursulla à Stiff son mari complétement inculte mais avec un coeur en or en passant par Hana , superbe portait d'une femme qui se cherche et à qui Mazzuchelli consacre un émouvant portrait muet vers la fin pour ne pas en faire une sainte . Mazzuchelli a choisi des couleurs volontairement délavées pour illustrer son histoire où la qualité du scénario et des dialogues rivalisent à chaque page avec l'audace graphique . Chaque chapitre a sa couleur prédominante , comme les personnages qui ont leur lettrage et bulle individualisée . Ceux ci sortent des bulles , passent aux rayons X quand ils expriment leurs émotions , se transforment en lettres , en hélice ADN ou en crayonnés géométriques , le tout en dissertant sur la vie , Dieu , la Gémellité , l'univers , l'espace ... Je reprocherai juste à Mazzuchelli d'aborder ces thèmes de manière brillantes sans jamais vraiment les développer . Mazzuchelli réussit , comme Paul Auster d'ailleurs , à adopter un récit clair , passionnant , attachant malgré toutes ces extravagances ce qui n'est pas toujours le cas par exemple d'Alan Moore ou de Grant Morrison. Asterios Polyp est un Bd qui a une âme , un coeur qui continuera à battre l'histoire terminée . A la fois Road et FeelGood Movie ( Tim Roth serait parfait pour le rôle au cinéma ) c'est une oeuvre fédératrice à la fois simple et complexe qui comme un disque des Beatles saura rassembler un lectorat exigeant et ...les amateurs de comics ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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