Lorsque le jamais souriant Van Morrison (aucun lien de parenté connu avec Jim), entre en 1968 aux Century Sound Studio de New York, c’est pour y enregistrer en deux jours, l’un des « meilleurs albums de tous les temps ».
Le pire, c’est que c’est vrai.
A l’écoute de cet album quasi impressionniste, les premières impressions sont pourtant tièdes.
Sans cadre, sans règles et sans filet, Astral Weeks, qui mélange folk, jazz, blues et gospel, est difficile à décrire, encore plus à évaluer. Ce disque qui n’existe pas est d’avantage une humeur qu’une réelle incitation. Sa tessiture est indéfinissable et l’impression qui subsiste après une écoute totale (indispensable), a tout du chaos spirituel. On ne sait jamais si cette voix de carriole irlandaise mal embarquée est celle d’un grand chanteur, ni ne ce que valent intrinsèquement ces compositions de poète grognon, mais une chose est sure, difficile de sortir indemne de l’épreuve.
A l’instar d’une bonne bouteille, Astral Weeks s’améliore avec le temps, (à cette différence près qu’on peut le déguster instantanément tout en bonifiant son écoute) et reste, quelque soit la réputation des poussiéreuses encyclopédies du Rock, le fameux chef-d’œuvre annoncé.