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Au cours de ces années, l'exercice de style qui consiste à reprendre les standards du jazz ou de la pop, dans des versions plus moins dépoussiérées, est devenu le passage obligé pour quelques chanteurs en mal de reconnaissance artistique : Robbie Williams, Rod Stewart ou, plus récemment, notre Julien Clerc national. Cette icône pop a décidé de s'essayer au genre, manière de se débarrasser de son image d'entertaineuse qui lui colle à la peau depuis ses débuts fracassants en 1984 (5 millions de copies vendues de son premier album
She's So Unusual) et de montrer qu'elle est une vraie chanteuse, capable de s'attaquer à n'importe quel répertoire. Avec la reprise de 13 standards de la pop music (au sens large du terme), Cyndi a cherché à retrouver les ambiances musicales qu'elle a connues dans les années 50 lorsqu'elle a vu le jour dans le Queens (New York) au sein d'une famille d'immigrés italiens. Entre tonalités bluesy ("At Last", "Don't Let Me Be Misunderstood") ou félines ("My Baby Just Cares For Me"), mélancolie assumée ("Walk On By", "La Vie en rose"), optimisme revendiqué (l'ensoleillé "Stay" de Maurice Williams & The Zodiacs), la voix experte de Cyndi navigue sans peine entre les instrumentations dépouillées. De quoi mettre en lumière les qualités intrinsèques d'une chanteuse dont l'image a souvent pris le dessus sur les qualités vocales.
-- Laurent Gilot
Critique
Cyndi Lauper n’est ni la première ni la dernière à se risquer aux standards de la Pop ou du Jazz pour redorer son blason : c’est cependant un très joli coup que ce
At Last, dans lequel l’ex-Lolita n’hésite pas à reprendre des versions anglaises d’Edith Piaf
(« La Vie en rose ») et de Jacques Brel («
If You Go Away », d’après
« Ne me quitte pas »).
L’accompagnement musical, dépouillé, aide très efficacement Cyndi Lauper à faire renaître des ambiances Blues et Jazz, en revisitant Burt Bacharach ou Maurice Williams, et des morceaux d’anthologie comme
« Don’t Let Me Be Misunderstood ». Un duo avec Tony Bennett vient couronner ce très bel album, passage peut-être obligé pour Cyndi Lauper afin de gagner ses galons de chanteuse « sérieuse ».
C’est très bien, mais tout de même,
« Girls Just Want to Have Fun » avait davantage de pêche.
Nikita Malliarakis - Copyright 2012 Music Story