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Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Du docu qui fait du bien.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Attention Danger Travail (DVD)
Toutes ces images qui nous montrent enfin comment est vécu le travail... et le non travail.Et comment les contraintes parfois insupportables qu'il génère peuvent être intelligemment contournées... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Travail : du latin « tripalium », instrument de torture à trois pieux,
Par François (Marseille) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Attention Danger Travail (DVD)
Enfin un peu d'air frais, enfin un autre discours sur le travail !Mai 2002. Jacques Chirac est réélu Président de la République dans les conditions que l'on sait. Le « patron des patrons » Ernest-Antoine Seillière, ulcéré par le « diktat des 35 heures » (sic. C'est vrai que les diktats, c'est plutôt lui qui a l'habitude de les imposer à la plèbe), cherche à battre le fer tant qu'il est encore chaud et exhorte le nouveau Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin à « siffler la fin de la récréation ». Ainsi, après avoir conforté la classe moyenne dans ses préjugés, massifié l'incarcération des jeunes issus des quartiers défavorisés, raboté la Sécu et avant de taillader les retraites, c'est tout naturellement que le nouveau gouvernement s'attaque à « réinsérer par le travail ». C'est dans ce contexte peu réjouissant que Pierre Carles (déjà auteur de La sociologie est un sport de combat et du dyptique Pas vu pas pris / Enfin pris ?), aidé de Christophe Coello et Stéphane Goxe, lâche sa bombe « Attention danger travail ». C'est qu'il n'est pas évident de s'attaquer ainsi au « ciment ultime de la société » (Claude Allègre, « L'Express », 09/08/2004. Allègre qui fait d'ailleurs une brève apparition au début de la version longue du film). En effet, osez aujourd'hui remettre en cause la « valeur travail », vous passerez au mieux pour un fou, au pire pour un criminel économique. Dès lors, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, tous, chacun à sa façon, nous le chantent sur tous les toits : hors du travail et de la croissance, point de salut. Seuls Cochet et Larrouturou chez les écolos tentent, tant bien que mal, de faire entendre la voix de la « décroissance » et du partage du temps de travail. Autant dire qu'on flirte ici dangereusement (?) avec le nihilisme. Evidemment refusé par les multiplexes cinématographiques, TF1 et les chaines du « service public » mais aussi par les pseudo-subversifs de Canal+ et les « intellos » d'ARTE, « Attention Danger Travail » devra se contenter d'une diffusion limitée dans de petits cinémas de quartier et d'une promo réduite à la portion congrue. Cela permettra toutefois d'intéressants débats avec les réalisateurs en fin de séance. « Attention Danger Travail » est un documentaire exclusivement à charge. Vous n'y verrez donc pas de « petites équipes très soudées qui-en-veulent-énormément », pour paraphraser les Deschiens. Mais plutôt des situations assez extrêmes en termes de pénibilité, de précarité, de conditions de travail dégradées (et dégradantes) qui tendent malheureusement à gagner du terrain (rappelons que le film s'inscrit dans la période fin des 90's-début des années 2000 et que depuis, le phénomène du mal-être au travail s'est considérablement développé). Le « film » est constitué d'interviews de chômeurs refusant de « rechercher activement » un emploi, entrecoupées de pubs, de « clips », de petits reportages au sein d'entreprises et, dans sa version longue, d'apartés avec des membres du mouvement patronal MEDEF et des ouvriers de Michelin ainsi qu'un discours harassant, tourné en dérision, de l'inoxydable Raffarin. « Attention Danger Travail » tord le cou à de nombreuses idées reçues. Le refus du travail, une lubie de gosses de riches ? Le documentaire montre des personnes de tous âges, sexes et professions (ouvriers, secrétaire, commercial et même chef d'entreprise) mais de condition modeste ayant tous déjà travaillé, plus ou moins longuement, avec des expériences plus ou moins heureuses mais refusant désormais le salariat précaire et toute activité marchande (seul l'un d'entre eux se déclare d'entrée de jeu « insoumis » en refusant « d'autant plus un « Service Travail Obligatoire » de 40 ans qu'il refuse un service militaire d'un an »). Là où la plupart des salariés sont paniqués à l'idée de perdre leur emploi et le ressentent comme un drame, ici cela a été vécu comme une délivrance. Ce sentiment, ultra-minoritaire, n'est jamais montré dans les médias. On a du chômeur l'image de quelqu'un de triste, renfermé sur lui-même. Ici, ces enfants de Lafargue sont hilares, heureux tout simplement. Seulement voila, pas travailler OK mais on sentait poindre le bémol : de quoi vivent-ils, ces déviants ? Immanquablement de la « solidarité nationale », des « revenus de l'assistance » (et sans doute aussi de la « débrouille »), ces maigres subsides que dispense encore le système. Et effectivement, ce n'est PAS MORAL (mais enfin pas plus, vu les sommes en jeu, que le bouclier fiscal, les licenciements boursiers ou les « retraites chapeau »). En cela, le doc donne du « grain à moudre » aux libéraux de tous poils qui, dans leur haine viscérale de la solidarité, cherchent à réduire les prestations sociales et la redistribution à néant. C'est la limite de ces œuvres de « critique sociale » : elles posent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses. Quelques pistes toutefois, que l'on devine aisément. La désertion, par choix ou nécessité, de la société de consommation demeure la principale (« Mais il faut d'abord que les gens arrêtent de consommer pour pouvoir arrêter de travailler »). Dans la dernière partie du film, le brillant sociologue Loïc Wacquant, disciple de Bourdieu, évoque aussi la création d'un « revenu inconditionnel du citoyen », dont le montant et le financement restent à définir. Sans doute pas très éloigné du RMI de Rocard, mais au moins nous ferait-il grâce du chantage à « l'insertion ». Mais il faudra attendre la suite Volem rien foutre al païs et son slogan « Ni exploitation, ni assistanat ! » pour assister à certaines applications concrètes (vie en communauté à la campagne notamment). Même si l'on ne partage pas les idéaux, les opinions et la vision des choses développés par ce film-documentaire, il reste à voir tant il propose nombre de situations cocasses aptes à nous faire (sou)rire (jaune parfois) : le baron Seillière tout interloqué d'apprendre que des gens refusent le travail salarié ; l'organisation quasi-militaire de Domino's Pizza (curieux que le libéralisme, qui prétend favoriser l'individualisme, s'accommode de situations où il est nié, l'employé étant réduit à un numéro, une simple « unité de production » interchangeable) ; le DRH de cette même firme, renversant d'hypocrisie et de pédanterie ; John le « bébé-manager » encourageant à grands coups de places de ciné gratuites les standardistes d'un centre de télémarketing (« Allez Nathalie, le sourire, faut qu' ça tombe, hein. C'est très bien Nathalie, t'as eu une super réponse ! ») ; le chômeur « altruiste » qui laisse le travail à celui qui suit. Des moments de mélancolie et de poésie aussi, avec un témoignage émouvant d'un ouvrier de la chaîne d'une entreprise automobile (« C'est d'la survie qu'on fait ») et une très belle chanson occitane du groupe marseillais Dupain. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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