On apprend et on s'amuse beaucoup à la lecture de ces 133 petits chapitres ou Joseph Klatzmann, statisticien, décortique certaines des erreurs d'interprétations des données statistiques, ces êtres fragiles qui avouent facilement sous la torture. On se rit de ce journaliste qui "a du s'installer dans l'arrondissement de Paris ou il y a le moins de délits, c'est à dire dans l'arrondissement le moins peuplé !".
On apprend ainsi à relativiser nombre de statistiques. Ainsi le taux de chômage réel est plus important que ce qu'on pourrait penser dans la mesure ou la base de comparaison est la totalité de la population active alors qu'il faudrait plutôt prendre comme référence le nombre de salariés du secteur privé, ceux qui sont les plus susceptibles de perdre leur emploi. L'espérance de vie est plus importante que les statistiques ne semblent l'indiquer car celles ci n'intègrent pas les futurs progrès médicaux, la délinquance des étrangers est plus faible que celle qui est officiellement mesurée car de nombreux étrangers sont en prison uniquement parce qu'ils sont des immigrés clandestins.
C'est fort justement que Jospeh Klatzmann montre qu'en sélectionnant les données on peut faire apparaitre n'importe quelle corrélation. Il montre aussi que les corrélations ne sont pas forcément significatives. On s'amuse de cette corrélation entre la consommation de poireaux par personne et le taux d'équipement en récepteur de télévision.
Il émet aussi de grosses réserves sur les sondages, dont la taille des échantillons pose problème.
La lecture de ce livre est donc indispensable pour mieux comprendre et relativiser les flots de données statistiques dont nous abreuvent les médias.