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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
très bellle synthèse,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Attila : La violence nomade (Broché)
Ce livre sur Attila recrée davantage l'époque où a vécu cet homme peu connu et qui restera mystérieux pour les historiens en raison de l'indigence des documents. Michel Rouche avec beaucoup de rigueur et de talent nous fait vivre cette Antiquité tardive en fait si riche en événements peu connus. Le style est agréable a lire, un excellent livre qui vous emmène non seulement dans le monde romain à la fin de son histoire mais aussi dans ces immenses steppes mystérieuses qui couvrent tant l'Asie que l'Europe orientale.Un ouvrage précieux qui comble pas mal de lacunes dans cette Antiquité tardive. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un livre sur la violence nomade plutôt que sur Attila,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Attila : La violence nomade (Broché)
Cette biographie d'Attila est signée Michel Rouche, professeur émérite à la Sorbonne, spécialiste de l'histoire de la Gaule entre la fin de l'Antiquité et le Moyen Age. Il avait notamment signé une magistrale biographie de Clovis en 1997, juste après l'anniversaire du sacre du roi franc : il était aussi l'animateur d'un grand colloque international d'histoire sur le sujet. Ce volume-ci est quelque peu différent. En effet, plus qu'une simple biographie d'Attila, problématique à dresser en raison de la pauvreté des sources, c'est véritablement une réflexion sur le rapport entre le monde nomade et le monde sédentaire, et sur le fonctionnement de l'espace nomade lui-même. Pour Michel Rouche, les récentes découvertes archéologiques permettent de mieux cerner les deux modes de vie de ces deux mondes opposés. Il entend, dès l'introduction, mettre l'accent sur l'histoire militaire qui explique la supériorité des Huns au départ. Il cherche aussi à délimiter les forces et les faiblesses de l'adversaire, l'Empire romain et ses deux moitiés, mais également celles des alliés germaniques d'Attila. Pour Michel Rouche, Attila a su tirer profit d'une société à la violence disciplinée, qui lui a permis d'installer sa domination et a donné naissance à un véritable mythe. L'ouvrage porte donc bien plus sur la "violence nomade" du sous-titre que sur Attila.Au final, le livre ne traite donc pas beaucoup d'Attila lui-même et de son règne sur les Huns. Les 100 premières pages sont consacrées à la présentation du monde des nomades (les steppes), aux nébuleuses tribales qui se succèdent jusqu'aux Huns et à l'Empire romain, la cible ultime de cette peuplade. Les 200 pages suivantes expliquent l'arrivée des Huns, les différentes évolutions de la tribu au contact des adversaires et suite aux relations avec l'Empire, pour finir par une description d'Attila, son règne et la fin de la domination des Huns sur leurs vassaux et leur disparition en tant que leaders d'un regroupement de tribus. Les 100 dernières pages évoquent les peuples nomades qui prendront la suite des Huns dans la même région (Avars, Hongrois) et le mythe lié au personnage Attila jusqu'au XXème siècle. Cette dernière partie, entre autres, est bien menée. On peut regretter en revanche qu'il n'y ait pas plus de matière consacrée aux Huns et à Attila à proprement parler, mais l'historien a fait son choix dans la problématique posée dès l'introduction. Le volet militaire n'est pas à mon sens assez convaincant : le récit de la campagne des Gaules, en 451, n'emporte pas l'adhésion si on le compare à d'autres travaux sur le sujet, comme l'ouvrage de Iaroslav Lebedynski dans la collection Illustoria ou même celui, bien plus court, de Philippe Richardot dans son livre sur la fin de l'armée romaine. En revanche, il faut noter que Michel Rouche a distribué dans son ouvrage de nombreuses cartes qui sont toujours en parallèle du texte, ce qui est remarquable : peu d'ouvrages universitaires en langue française procèdent ainsi (et chez Fayard en particulier). En conclusion, Michel Rouche tente de répondre à sa question de départ : la violence est-elle la seule chose remarquable qui soit restée du monde nomade ? De fait, le système de domination hiérarchique des Huns et de leurs successeurs est beaucoup plus instable que l'Empire romain, malgré ses difficultés. Attila, par contre, a été un chef exceptionnel, hanté par un complexe de puissance (même si l'on n'est pas obligé de suivre les considérations sexuelles de Michel Rouche, plaçant Attila comme "expression d'une sexualité prégénitale ignorant les réalités"). La société des Huns, finalement, marque le triomphe d'un archaïsme avec la matrilinéarité et le fait avéré des femmes combattantes. La violence nomade, c'est d'abord une politique de la terreur ciblée, comme le montre les choix opérés par Attila (une ville sacagée lors de chaque campagne en Gaule et en Italie, Metz et Aquilée respectivement). Quelles traces demeurent aujourd'hui ? Pour Michel Rouche, il y en a bien une, et de taille : l'empire des Huns s'est installé sur la ligne de fracture même entre Empire romain d'Occident et Empire romain d'Orient, sur l'Illyricum. En ce sens, il a accéléré la séparation entre Rome et Constantinople, entre monde latin catholique et monde grec bientôt orthodoxe. Comme les Huns, les Avars et les Magyars ont contribué à détruire la romanité de ces régions, le mode de vie urbain antique. C'est là que réside la transformation majeure apportée par les nomades sur l'Empire romain. Pourtant, le souvenir des Huns se focalise exclusivement sur la violence, alors même que l'éclatement de l'ex-Yougoslavie dans les années 90 et le découpage actuel de ces nouveaux Etats sont calqués sur les divisions administratives de l'Empire romain, preuve de la permanence de l'impact des nomades sur la décomposition de cet ensemble. On trouvera en annexes de l'ouvrage les principaux extraits de sources ayant trait aux Huns ou aux nomades prédécesseurs, une chronologie détaillée, des arbres généalogiques des principales dynasties et une bibliographie de référence. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
les invasions de l'Est,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Attila : La violence nomade (Broché)
Plus qu'un livre sur Attila, dont on ne sait probablement pas assez pour remplir un ouvrage, nous avons là une superbe évocation des moeurs des peuplades nomades et de leurs invasion entre les quatrièmes et huitièmes siécles.C'est très interessant de réaliser qu'au fond les barnares ont contribué à défendre l'Empire Romain comme supplétifs. Attila était avent de se raviser un allié de Rome, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'il avait plus à gagner en prenant son indépendance et en conquérant l'ouest de l'Europe. Un ouvrage bien écrit et passionnant. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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