L'histoire d'amour d'"Au bonheur des dames" est certainement la partie la moins développée du livre, car non seulement Zola n'est pas un écrivain à l'eau de rose, mais en plus, le but du livre est surtout de décrire l'étouffement du petit commerce par les grands magasins, ainsi que l'engouement suscité par ceux-ci.
Ces boutiques décrites comme sombres et petites vous font comprendre l'angoisse de leur propriétaires. Pourquoi sombres? Pas seulement à cause de leur taille, mais en raison de l'ombre menaçante du magasin d'Octave. La réussite imparable de ce dernier est dûe à sa compréhension des femmes de l'époque (et d'aujourd'hui) attirées par l'exposition extravagante, en masse, de tissus tous plus somptueux les uns que les autres.
La description de chacun des étages, ainsi que du salon de thé, montre qu'Octave a pensé à tout afin de faire de son magasin un lieu unique, où les visiteuses, venues par curiosité, finissent par acheter compulsivement, voire à voler, même si elles ont l'argent pour se payer tout ce qu'elles veulent. Ce n'est plus de l'achat utile, c'est de l'érotisme, la description de grands plaisirs toujours renouvelés. Pour en revenir à l'histoire d'amour, elle est là pour calmer le jeu, grâce à la chaste Denise, qui s'élève dans toute sa pureté, face à ce monde d'envies jamais inassouvies.