A ma gauche la tribu des "civilisés" (beaux discours, actes peu reluisants), à ma droite celle des "sauvages" (pas de discours, actes peu reluisants également), toutes deux prisonnières de leurs rituels et de leurs codes.
Au milieu, le narrateur, horrifié d'appartenir à la première, comprenant peu à peu qu'il n'est pas si éloigné de la seconde...
Au milieu également, Kurtz, demi-traître à son peuple, rongé par ses contradictions.
Récit romancé d'un voyage de six mois au Congo, en 1890, ce livre est clairement daté : à côté de la dénonciation du colonialisme (rarissime à l'époque), Conrad ne cherche pas vraiment à comprendre l'âme africaine.
Cette réserve faite, l'écriture est somptueuse, la structure narrative complexe à souhait, les niveaux de lecture presqu'infinis.