Ce petit ouvrage est un extrait du classique de Davis, "The Ecology of fear" dans lequel il analyse les formes de l'organistation urbaine selon les séparations qu'engendrent les peurs et les réflexes de classes et de races. De façon brillante Davis montre que l'allégorie futuriste de Blade runner n'a pas eu lieu et que le compartimentage horizontal règne plutôt, que les analyses de l'école de Chicago en matière de ceinture et de quartier, d'ilots et de zones abandonnées (des ghettos de fait) permettent de mieux comprendre l'organisation de l'espace social : mais cela ne suffit pas à s'expliquer cette impression d'effarement qu'éprouve le lecteur français devant les détails et les exemples que donne Davis pour illustrer ses analyses sur la vie concrète de le plus grande partie des habitants de LA : bien sur pas ceux qui ont choisi, compte tenu de leur revenu, de vivre dans des sortes de camps retranchés, protégés et contrôlés par une présence de la surveillance videos dont on ne voit que poindre les premiers signes chez nous. La longueur de la file attendant un repas gratuit pour noël ou les équipes de mercenaires que les propriétaires ont le droit d'engager pour expulser des locataires en retard font froid dans le dos et sont autant d'exemples d'un rêve américain disparue dont L.A. constitue la preuve chaotique et finalement obscène. La précision, la clarté de l'analyse est remarquable et conduira surement le lecteur à lire d'autres ouvrages de ce sociologue et urbaniste majeur.Une lecture indispensable pour comprendre un peu mieux cet aspect de l'univers américain et pour éviter qu'il soit la préparation du notre.