L'au-delà, un sujet inépuisable de discussions, ou de discussions inépuisables...
La mort, fin pour les uns, porte qui s'ouvre vers une suite pour d'autres. Aucune preuve possible, juste des convictions.
Mais, parlons du film avant tout. A la manière du vent qui soulève des grains de poussière pour les rassembler en un seul endroit, Clint nous promène en plusieurs lieux à la rencontre de personnes dont les routes vont converger.
George (Matt Damon) en médium désabusé, non par son don, mais plutôt par le fait que l'exploitation de ce don rende improbable toute vie sociale et une journaliste (Cécile De France) victime d'un tsunami, ne pourront pas se manquer. Le petit Marcus (George McLaren) enfin, dont le chagrin insurmontable va devenir un des moteurs de cet enchevêtrement de destins.
Beaucoup cherchent des réponses chez George, qui considérant son don comme une malédiction, ne veut plus pratiquer.
Quelques scènes sont d'une intensité émotionnelle rare. Les séances de voyance par exemple, nous montrant un Matt Damon en véritable trait d'union entre deux mondes. Quel talent pour parvenir à cette double présence, quelle finesse ! Ceux qui bénéficient de ces messages de l'au-delà semblent d'ailleurs très bouleversés et parfois soulagés.
Le petit Marcus qui ne parle presque pas, parvient à investir son personnage d'expressions et d'une présence remarquables.
La journaliste (Cécile De France) a des regards, des gestes et le ton parfaits, et ce, à des moments où les émotions sont très différentes. Impressionnante !
Une autre scène remarquable est la scène initiale, techniquement irréprochable et terrifiante...
Quant aux épisodes surnaturels, ils sont très "légers", un peu comme des fenêtres troubles ouvertes sur un au-delà qui reste vague. Leur alternance avec d'autres scènes plus sensuelles, rend le récit très réel. Le cours de cuisine par exemple, est un moment de pur plaisir, un de ces moments où tous les sens sont sollicités et nous mènent vers un instant de bonheur.
La musique (de Clint Eastwood) est discrète et subtile. Elle souligne certains instants privilégiés, sans emplir tout le film. Les épisodes classiques, comme le 2ème Concerto de Rachmaninov et des extraits d'opéras italiens (durant les cours de cuisine du même pays bien sûr...), sont remarquablement exploités.
Au total, un film d'une intelligence très subtile. Un film qui laisse à chacun sa liberté. Il pourrait être vu comme celui de quelqu'un qui nous dirait que si la mort, c'est prendre la rue suivante, il est important également de regarder où on met les pieds dans celle-ci.
On n'arpente qu'un chemin à la fois...
(Si vous désirez approfondir le sujet, de nombreux ouvrages intéressants existent comme les livres de R. Moody (comme par exemple
La vie après la vie : Ils sont revenus de l'au-delà) , d'Elisabeth Kübler-Ross ( comme par exemple
Mémoires de vie, mémoires d'éternité : La mort n'existe pas), ou encore le monumental "Livre tibétain de la Vie et de la Mort" de Sogyal Rinpoché. Ce dernier, en plus de présenter des révélations et des pratiques bouddhistes séculaires, fait le pont avec certaines avancées occidentales plus récentes dans ce domaine. Laissez-vous accueillir par ce livre inestimable !
Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort)