Débarqué de nulle part, il est aisé de constater que ce premier effort solo de Melissa Auf Der Maur aura su creuser son trou… heavy rotation des singles sur la première radio pop rock française, chroniques dithyrambiques dans la presse, tant musicale que généraliste, excellentes réactions des fans de rock, etc.,… le fait est que le buzz est amplement mérité. Melissa a longtemps était dans l’ombre au sein de ses précédentes formations, que ce soit avec Hole ou The Smashing Pumkins, et il semblerait que son tour de briller soit enfin venu. Appuyée par un nombre d’invités assez impressionnant (on retrouve du membre de Tomahawk, Hole, A Perfect Circle, Fu Manchu, Queens Of The Stone Age,… sur ce disque) et par la tête pensante de Masters Of Reality, Chris Goss, à la production, la belle Canadienne accouche d’un disque aussi facile que délicieux. 10 ans, 10 ans qu’elle peaufine ses compos, autant dire qu’ici, pas grand-chose n’est donc laissé au hasard, chaque titre étant pétri d’un festin de guitares saturées, de grosses basses et de mélodies d’une désarmante évidence. Ce « Auf der maur » est donc un sacré disque de rock, simple, sans prétention, mais d’une efficacité absolument redoutable. D’autant plus que la belle rousse possède un joli petit brin de voix au timbre assez particulier, quasiment enfantin et d’une douceur absolument délicieuse. On tape gentiment du pied, on hoche gaiement la tête, on fredonne ces mélodies sous la douche, on pense parfois à du Queens Of The Stone Age (particulièrement sur « Beast of honor »),… voici un de ces rares disques qui passe tout seul, sans réellement nécessiter d’attention particulière mais sans néanmoins lassé au bout de deux écoutes. Si l’on sombre parfois dans des abysses de niaiserie au niveau des paroles, c’est bien là la seule chose que l’on puisse reprocher à ce disque… à 29 ans, difficile de rêver meilleur début de carrière solo avec en prime un tel CV derrière.