Que retient-on de ce livre de 379 pages ? Rien. Le détail étouffe constamment l'essentiel. Il faut attendre la page 200 pour arriver à la bataille d'Actium ! L'auteur s'égare invinciblement dans les méandres de l'Histoire. Son écriture aussi fait problème. On n'en finirait pas de citer des phrases comme : « Je ne sais... », « Qu'on se rassure... », « Notons-le », « j'y ai fait allusion... », « Je me demande s'il s'agit d'une bonne question », « Rejoignons maintenant... et admirons », « Je crois qu'il avait raison... », « Comme c'est intelligent ! », « Saluons-le une dernière fois... », « On sera heureux d'apprendre au passage que... », « Nous n'en saurons jamais plus », « Ou je me trompe fort, ou... », « Je ne le dirai jamais assez... », « cette pauvre petite victime... » ... La meilleure ou la pire étant : « ... je suis trop sot ou trop sceptique pour voir dans quelle direction va l'histoire. » On se demande si une phrase comme : « Il fallait à ces pépères ... une bonne trouille en guise de leçon» a sa place dans une biographie ? De même, il y a des mots étrangers qu'il ne convient pas de transposer à la réalité romaine : condotierre, baraka, Gauleiter, lideur (comme l'auteur affecte d'écrire leader), chief executive, desperado, cacique, magnat, putsch ... Défaut commun à beaucoup de livres d'histoire : l'absence de cartes de géographie. La description de l'Ara pacis aurait pu être illustrée par une photo. On peut relever aussi quelques erreurs : la réforme grégorienne du calendrier julien date de 1582, et non de 1592 ; c'est la femme d'un consulaire, et non Livie, qu'Auguste enlève à un repas pour la lutiner ; « aug » de Augustus n'est pas un préfixe ; auspicium ne dérive pas d'augere ; Ponce Pilate n'était pas le procurateur de Judée, mais le préfet... Il y a aussi les inévitables coquilles : s'en serait fini (p. 90), medias... On ne trouvera aucun index onomastique ou géographique. La bibliographie est sommaire. Est-ce à dire que tout est raté ? Non, parmi cet enchevêtrement, il y a parfois de bonnes choses, notamment le prologue (p. 9 à 26).