Autant en emporte le vent - Gone with the wind est plus qu'un film, c'est un véritable document cinématographique qui, encore de nos jours, malgré les fantastiques oeuvres nouvelles, demeure le plus fabuleux film de fiction qui ait été réalisé, dans la démesure, pour son époque. Commencé en 1938 par les scènes les plus couteuses, l'incendie de la ville d'Atlanta, le producteur David O'Selznic se lance dans l'entreprise la plus folle en s'efforçant d'obtenir les plus grandes stars du moment, ce qui n'était guère facile compte tenu des contrats en cours. Ensuite, la couleur par Technicolor qui peine à s'imposer en raison du manque de spécialiste et de son coût élevé. La valse des réalisateurs qui ont bien du mal a accepter les nombreuses intrusions du producteur. Commencé par George Cukor qui ne tarde pas à déplaire à Clark Gable qui trouve que sa mise en scène donne trop d'importance aux vedettes féminines, puis Sam Wood et Cameron Menzies, ce dernier étant à l'époque l'un des rares spécialistes de la couleur Technicolor, enfin Victor Flemming, plus souple, qui accepte que Selznic mêle "son grain de sel" sur la conduite de la mise en scène mais surtout "pistonné" par Clark Gable qui l'appréciait.
Les actrices choisies avec soin sous la tutelle de la production dans un casting de plusieurs milliers de postulantes. Vivien Leigh, actrice britannique pratiquement inconnue est retenue pour sa détermination mais aussi pour une certaine ressemblance du personnage de Scarlett O'Hara tel que se l'imaginait David O'Selznic. Puis Olivia de Havilland, pour le rôle de Mélanie Hamilton, pour sa grâce et sa douceur. Chez les comédiens Leslie Howard, également d'origine britannique, pour incarner Ashley Wilkes le doux rêveur amoureux de Mélanie. Enfin, le king d'Hollywood, l'immense vedette des studios MGM, Clark Gable fut débauché après négociations avec Louis B. Mayer pour jouer Rhett Butler le personnage principal de l'histoire, juste avant les premières prises de vues en août 1938. Et que dire de la merveilleuse musique de Max Steiner qui a mérité l'un des 10 oscars obtenus par le film.
Sorti en 1939, aux Etat-Unis, le film obtint immédiatement un succès fantastique et, après la dernière guerre mondiale, un succès planétaire. Des générations de spectateurs se sont enthousiasmées et, encore de nos jours, l'extraordinaire qualité du film est toujours reconnue. Le DVD collector a un film supplémentaire de 2 heures, qui dévoile les secrets du tournage.
Dans une immense plantation de coton, appelée Tara, en Georgie en 1861. Alors que l'on sent la guerre prête à éclater, la haute société sudiste organise des bals pour permettre aux jeunes gens de se courtiser. Parmi les bons partis de la contrée, Scarlett O'Hara est secrètement amoureuse du tendre rêveur, Ashley Wilkes, qui est fiancé à la vertueuse Mélanie Hamilton. Dans cette ambiance de fêtes du Sud la vie des bourgeois s'écoule heureuse et sans soucis. Lors d'une réception à la propriété des Douze Chênes, Scarlett, dont la beauté ne laisse aucun jeune homme insensible, va retenir l'attention d'un aventurier cynique, mais bel homme, Rhett Butler. La tension monte entre le Nord et le Sud et, bientôt, la guerre de Sécession éclate, dans une atmosphère particulière car, se croyant dans leur bon droit, les sudistes veulent en découdre. Ashley avance la date de son mariage avec Mélanie, Scarlett qui est jalouse et malheureuse, épouse sans amour, le frère de Mélanie, Charles Hamilton, qui va se faire tuer à la guerre. Scarlett qui aime toujours Ashley est une veuve bien peu éplorée. Elle finit par céder aux avances de Rhett Butler qu'elle épouse. La guerre et ses séquelles vont atteindre Scarlett au plus profond lorsque sa propriété, Tara, va être dévastée...
Le livre éponyme de Margaret Mitchell est beaucoup plus dense que le film et bon nombre de personnages vont être soit modifiés soit supprimés pour en alléger l'histoire mais la trame essentielle demeure, sans en dénaturer le récit. Ce superbe classique intemporel doit trouver sa place parmi vos autres chefs-d'oeuvre.