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Inversons les rôles et imaginons un grand reporter photographe de guerre, cloué sur un lit d'hôpital, à l'agonie, qui nous rapporterait non pas les images qu'il a tournées mais celles dont il se souvient. Tel est le procédé et l'invitation de Chahdortt Djavann, qui colle son personnage aux portes de la mort, immobilisé, pour nous donner à voir le monde en fracas, du Rwanda au Vietnam, de la Bosnie au Liban et jusqu'à Grozny. Au chaos ambiant, traversé de violences, de guerres, de conflits armés, se mêlent les tourments intérieurs du photographe, dont les souvenirs ressurgissent, irrépressibles, depuis son enfance bretonne à la mort de la mère. Ces sont donc les réminiscences d'images différentes, parallèles, imbriquées que nous livre Chahdortt Djavann, à défaut de pellicule véritable, oscillant sans cesse entre la réalité individuelle et l'âpre histoire collective. Toutes deux menées par le même sens (shakespearien) de la tragédie. --Céline Darner
Présentation de l'éditeur
"C'est fini..." Ainsi commence le roman fiévreux de Chahdortt Djavann, qui se glisse dans la peau d'un homme au seuil de la mort. Dans un monologue intérieur bouleversant, où les images de l'enfance, de la mère, de l'amour et de la guerre s'entremêlent, l'auteur met à nu la vie d'un grand photographe de guerre. Un bras de fer entre le personnage et sa vie dont il voudrait comprendre le sens. Pourquoi a-t-il passé des années à traquer des images de mort ? Sur quelles souffrances, sur quelles absences s'est-il construit au point de ne plus se reconnaître dans cet autre qu'il est devenu ? Une écriture haletante, violente, sans concession, dans laquelle les pulsions de vie et de mort sont face à face

