Amazon.fr
Vingt ans après sa mort, Lacan parle encore. Tardive onde de choc du séisme de son enseignement, ces
Autres écrits, rédigés entre 1938 et 1980, viennent compléter les
Écrits parus en 1966. Cette publication va permettre au grand public de prendre connaissance d'une série de textes fondamentaux édités du vivant de leur auteur et devenus rapidement introuvables en dehors des cercles psychanalytiques. C'est un Lacan en dialogue avec son temps que fera découvrir ce recueil : un hommage à Marguerite Duras, un article sur Maurice Merleau-Ponty ; un échange, en 1966, avec des étudiants en philosophie ; une libre reprise de la notion marxiste de plus-value ; une confrontation aux événements de 1968 ; des textes institutionnels… Mais quel que soit le propos, Lacan reste Lacan et ne parle jamais que d'une seule chose : la psychanalyse. Et toujours avec ce style sans pareil.
Dans la lettre qui met un terme, un an avant sa mort, à l'aventure de son École, il déclare ainsi la dissolution : "Qu'il suffise d'un qui s'en aille pour que tous soient libres, c'est dans mon nœud borroméen, vrai de chacun, il faut que ce soit moi dans mon École." Un défi à la logique de l'héritage qui réclame des successeurs, comme à celle de la syntaxe qui ordonne une lisibilité immédiate. Mais a-t-on jamais dit ou fait quelque chose de radicalement nouveau sans transgresser des règles ? C'est à la dimension poétique de l'écriture de Lacan que se mesure aussi la créativité de son œuvre. --Emilio Balturi
Quatrième de couverture
Pas-à-Lire.
Définition lacanienne de lécrit. Quelque chose comme « Chien méchant », ou « Défense dentrer ». Voire : «
Lasciate ogni speranza ».
Disons que cest un défi, fait pour tenter le désir. Lacan résumait dune phrase le leçon des
Ecrits : « linconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant ». Les
Autres écrits enseignent de la jouissance quelle aussi relève du signifiant, mais à son joint avec le vivant ; quelle se produit de « manipulations » non pas génétiques mais langagières, affectant le vivant qui parle, celui que la langue traumatise. Il sensuit : que la jouissance, cynique comme telle, ne condescend au désir que par la voie de lamour ; quelle fait obstacle à toute programmation du rapport sexuel ; que, féminine, elle répugne à luniversel et saccorde à linfini ; que, phallique, elle est « hors-corps » ; et autres théorèmes jusqualors inouïs dans la psychanalyse. On nen trouvera pas le répondant dans le génome, dont le décryptage pourtant fait promesse, de noces nouvelles du signifiant et du vivant. On pressent lavènement du
self-made-man. Nous lappellerons : LOM du XXIe siècle. Ce recueil pourrait être son viatique. A le déchiffrer, on saura mieux y faire avec les symptômes inconnus de demain.