Imaginons que tout notre savoir soit amassé en un seul lieu. Une gigantesque bibliothèque. Imaginons que celle-ci soit en feu. Vous êtes seul et ne disposez que de vos deux mains. Il ne vous est donc possible de sauver qu'une poignée d'ouvrages. Eh bien, "Aux Origines de l'Humanité" aurait le mérite de figurer parmi les rescapés de cet effroyable autodafé. Du moins le tome 1, car je n'ai pas encore lu le tome 2...
"Aux Origines de l'Humanité" est un ouvrage accessible à tous. Il s'adresse à toute personne qui se pose la sempiternelle question existentielle : Pourquoi sommes nous là ? Pour tenter d'y répondre, plusieurs approches s'offrent à nous. L'une d'entre elles serait de nous poser une autre question, sensiblement différente : Comment sommes nous là ? C'est ici qu'interviennent Yves Coppens, Pascal Picq et consorts. La vocation du livre n'est pas de traiter le Pourquoi mais le Comment.
L'ouvrage doit être considéré comme un ouvrage de référence. J'entends par là qu'il ne se lit pas comme un roman. On peut se permettre de « sauter » certains chapitres ou passages un peu ardus. La patience n'étant pas mon fort, j'ai souhaité aborder directement les chapitres 4 et 5 consacrés à l'émergence de la famille de l'homme et à l'expansion des australopithèques. J'avoue avoir un peu « décroché » en raison d'un jargon par trop scientifique. Le caractère hypothétique et fragmentaire de l'information me rebutait quelque peu. Les noms cités à profusion me paraissaient fastidieux à lire. Bref, je suspendis bientôt ma lecture.
Un jour, j'eus l'occasion de suivre à la télévision un documentaire orchestré par Yves Coppens et consacré aux origines de l'humanité. Images de synthèse et scènes réelles suscitèrent à nouveau mon intérêt pour les premiers hommes. J'allais le soir même déterrer mon ouvrage. Je l'ouvris au chapitre 6 intitulé "A la recherche des premiers hommes" et, délaissant femme et enfant, poursuivis ma lecture jusqu'au terme du livre (en sautant toutefois une partie du chapitre 11 consacré à la génétique et trop complexe pour ma petite tête). Conclusion : absolument passionnant et riche en « révélations ». Beaucoup de questions se posent encore. Rien n'est absolu. Les théories sont sans cesse remaniées à mesure que les sciences et recherches évoluent. La présente édition se verra sans doute démodée d'ici dix ou vingt ans. Il n'en reste pas moins un ouvrage de qualité méritant de figurer dans toutes les bibliothèques particulières.