La rentrée musicale et discographique est d’ores déjà marquée du sceau d’un joyau inattendu : "Avalon Blues, A Tribute to the music of Mississippi John Hurt"
Il y a 35 ans que Mississippi John Hurt repose près du bourg d’Avalon (Mississippi); dans ce delta du fleuve qu’il aura sillonné, au propre comme au figuré, pendant les 74 années de sa vie. Conteur, baladin, il est un "songster", un collecteur des vieilles chansons des travailleurs de la terre qu’ils soient noirs ou blancs.
Il est aussi un musicien de bals et d’agapes champêtres, dans ce Sud profond, à l’aube du XXème siècle .
Dans les années 20, un prospecteur des disques Okeh le remarque et lui fait graver plusieurs faces à Memphis (Tennessee) qui inscrivent Mississippi John Hurt comme d’un des maillons de la chaîne musicale du Sud.
Il est un guitariste au “picking” précis et rapide à la voix ronde et suave aussi proche du blues que de l’old time, la vieille musique, le folklore commun aux descendants des esclaves et des proscrits d’Europe.
La Grande Dépression des années 30 le ramène à sa terre d’Avalon jusqu’en 1963, où il est “redécouvert” par l’éclosion de la vague du folk et du blues aux Etats-Unis, puis en Europe. Il sera au légendaire festival de Newport et tournera jusqu’à sa mort, le 2 novembre 1966.
Vanguard Records lui rend un hommage émouvant en confiant à des talents, surs et épars, de Lucinda Williams à Steve Earle, le soin de transmettre aux jeunes générations l’immortalité de “Frankie & Albert”, “Candy man”, ou ”Staggolee”...
En 1972, le grand Taj Mahal l’honora d’un de ses plus beaux albums, “Recycling the blues”, dont la pochette reprenait, sur fond de papier kraft, la photographie de David Gahr : les deux hommes au festival de Newport en 1963.
Transmission de la tradition : il reprend ici“My Creole Belle”.
Somptueux et, comme pour un hommage à un autre conteur du Mississipi, le cheminot Jimmie Rodgers , paru il y a déja 4 ans : incontournable.