Mankell innove ici, en incluant dans l'intrigue la propre fille de Wallander, qui, de tapissière, a finalement choisi de rejoindre les rangs de la police suédoise, affectée qui plus est à Ystad, en Scanie, à l''extrémité sud du pays, région frontalière du Danemark. Bref, là où officie son père. Linda va mener une enquête parrallèle, partant à la recherche de sa meilleure amie, Anna Westin, qui, étrangement, a disparu du jour au lendemain. A plusieurs reprises, notamment lorsqu''elle prend connaissance du journal intime de son amie, Linda trouve des indices qui, étrangement, recoupent pour partie le meutre sauvage d'une femme amoureuse de l''histoire des chemins suédois. Elle croise aussi des hurluberlus fanatisés par un gourou sectaire, mais qui, de prime abord, ne semblent pas bien méchants.
L''innovation majeure de Mankell, plus que l''entrée d''un nouveau personnage, qui anticipe la suite, c''est la double enquête du père et de la fille. Chacun de son côté va suivre ses intuitions, ne pas donner la totalité des informations à l''autre, tomber dans des embûches diverses, au final ne pas se faire entièrement confiance. Ce rapport père-fille sonne vrai, mélange d''amour et de révulsion, d''autorité paternelle et de rébellion juvénile. C''est cela la qualité première de ce roman.
Par ailleurs, je dirai presque comme toujours, Mankell sait rendre comme personne l''atmosphère sombre, froide, pastorale et lente de la Suède profonde. Le tout au service d''une intrigue aux multiples rebondissements, l''une des plus charpentées de Mankell. On plonge dans le monde des sectes, des religions en carton-pâte, du sadisme envers les animaux et les hommes. Mankell nous expose, une fois de plus, les faiblesses de l''âme et de la condition humaine. Un excellent roman.