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Avec vue sur la mer [Poche]

Didier Decoin
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Broché EUR 16,63  
Poche --  

Description de l'ouvrage

4 mai 2007 Litterature (Livre 13102)
Chacun rêve d'un port d'attache, d'un abri sûr, d'une maison qui soit à la fois le lieu du bonheur familial et un refuge. Ce havre idéal, c'est au terme d'une quête immobilière aussi acharnée que rocambolesque que Didier Decoin l'a finalement trouvé. Située dans la péninsule de La Hague, aux confins de la Normandie, la bâtisse est rude, sommaire, et tout autour, la lande hostile, l'océan lourd, les vents rageurs. Et les amis circonspects. Mais peu importe... Car, pour l'écrivain, aucun éden n'aurait pu être plus accueillant et fertile que ce bout de terre du bout du monde, tout imprégné d'embruns et de souvenirs d'enfance.

«(...) la tendresse et l'émotion d'un écrivain qui sait bien que sa maison sera toujours son meilleur livre autobiographique.»
Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche

«(...) cette cocasse biographie d'une maison est d'abord l'émouvante autobiographie d'un écrivain.»
Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur

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Descriptions du produit

Extrait

La mer à Deauville. Chez nous, on disait ça d'un trait, sans respirer, cul sec et à la russe, comme quand on s'envoie un verre de vodka. Ce qui fait que les gens comprenaient lameradovil. Comme un nom de médicament. Ils n'avaient d'ailleurs pas complètement tort : lameradovil fut longtemps le remède familial par excellence, particulièrement souverain contre les maladies estivales.
Dès que le jardin devenait savane et croûte, que les hannetons grillaient vifs sur les branches du marronnier et que ma soeur et moi élisions domicile sous le tourniquet du jet d'eau, la famille considérait qu'il était grand temps de prendre sa dose de lameradovil : «Demain, disaient les parents, demain nous irons voir la mer à Deau­ville.»
La mer à Deauville était fraîche, apaisante.
Maman l'aimait pour ses ciels à la Boudin, papa pour ses coups de décoiffe à la Dufy. Moi, je la trouvais simplement verte et vernie comme une huître de Belon. Les huîtres de Belon étaient une des choses que je préférais au monde, bien avant les chocolats à la liqueur bénédictine et les escargots à l'ail.

La mer à Deauville, c'était un peu d'eau - en fait, il devait y en avoir autant que dans les autres mers, sauf qu'ici, à cause des marées, il fallait presque toujours aller chercher cette eau si loin qu'on avait l'impression que quelqu'un de goguenard s'était diverti à vider la mer juste avant notre arrivée -, mais c'était surtout du sable à perte de vue, un sable lisse et mouillé façon miroir où se reflétait la longue silhouette boisée de l'hôtel Normandy, un sable couleur pâte d'amande, consistance ciment frais.
Ma soeur et moi y imprimions la forme de nos mains, les doigts bien écartés, comme les stars d'Hollywood sur le trottoir devant le Chinese Théâtre.
Mais une humidité sournoise montait aussitôt des profondeurs sablonneuses, imbibant nos empreintes dont les contours devenaient flasques, s'affaissaient, s'effaçaient. J'en déduisais que je ne serais jamais célèbre. Et c'était tant mieux, parce que je me sentais trop timide pour supporter d'être un jour reconnu dans les autobus.
A l'époque de la mer à Deauville, ma seule ambition était de devenir un ornithorynque. J'avais déniché dans la bibliothèque parentale un livre de Giraudoux qui s'appelait Suzanne et le Pacifique, et j'avais adoré ce moignon de scène, à peine huit lignes mais grandioses, où Suzanne parle de ses relations avec un ornithorynque, «un oiseau qui avait des poils et un bec qui avait des dents, qui se plaignait doucement par des cris de canard [...] et remuait la queue comme un chien». Suzanne prétend n'avoir jamais embrassé l'ornithorynque, mais elle s'en défend avec tant d'ardeur que j'étais persuadé (je le suis toujours) qu'elle mentait. Et comment qu'elle lui avait roulé une pelle ! Avec la langue et tout ! Moi qui avais déjà dix ans et qu'aucune fille n'avait encore embrassé, j'aurais donné beaucoup pour être cette bête-là.

Présentation de l'éditeur

Chacun rêve d'un port d'attache, d'un abri sûr, d'une maison qui soit à la fois le lieu du bonheur familial et un refuge. Ce havre idéal, c'est au terme d'une quête immobilière aussi acharnée que rocambolesque que Didier Decoin l'a finalement trouvé. Située dans la péninsule de La Hague, aux confins de la Normandie, la bâtisse est rude, sommaire, et tout autour, la lande hostile, l'océan lourd, les vents rageurs. Et les amis circonspects. Mais peu importe... Car, pour l'écrivain, aucun éden n'aurait pu être plus accueillant et fertile que ce bout de terre du bout du monde, tout imprégné d'embruns et de souvenirs d'enfance.

Détails sur le produit

  • Poche: 213 pages
  • Editeur : Pocket (4 mai 2007)
  • Collection : Litterature
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2266165798
  • ISBN-13: 978-2266165792
  • Dimensions du produit: 17,6 x 10,8 x 1,8 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.4 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 170.351 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une bouffée d'air salin 30 mars 2008
Par cathulu TOP 50 COMMENTATEURS
Format:Poche
Avec vue sur la mer est un roman d'amour. Le roman d'amour d'un écrivain, Didier Decoin, et de sa femme (et bientôt de leur petite famille) pour une maison.
Une maison qu'il leur faudra longtemps guigner, longtemps calfater mais qui deviendra comme une extension d'eux mêmes.
C'est aussi un roman d'amour avec une région et ses habitants , un roman d'amour avec la langue, que Chantal, la femme de l'auteur malmène parfois si joyeusement ("remonte l'autocar" pour "remonte l'édredon" !) alors qu'elle jongle allègrement avec les noms latins des plantes du jardin.
Beaucoup de tendresse entre cette femme et celui qui se baptise lui même "Oncle podgers" car il est doté de deux mains gauches en matière de bricolage ...
J'avais beaucoup aimé les premiers romans de Didier Decoin (John l'enfer, les trois vies de Babe Ozouf ), puis j'avais un peu perdu de vue cet auteur, me contentant de remarquer son nom dans un générique de téléfilm. C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé son style, aussi goûteux que les poissons qu'il nous donne envie de savourer
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Ces écrivains qui aiment la côte Normande. 3 juillet 2007
Par Herouard
Format:Poche
Marguerite Duras, Marcel Proust, Gilles Pérault ont écrit au calme de la mer de la Manche, à Tourville, Deauville et Utah Beach, plages infinies où la mer se retire à des kilomètres pour découvrir un desert de sable ephémère. Didier Decoin connaît "lameradovil" mais ce qu'il aime, c'est la violence de la mer, le roc, la tempête, le vent glacial de l'océan atlantique, perché sur son promontoir haguais comme dans un phare du cap Horn. Son phare à lui, c'est sa petite maison en pierre "avec vue sur la mer", sa mer furieuse. Dans ce livre Decoin nous raconte sa maison ; elle devient personnage à part entière et même héroine. Il raconte quelle force il a mis pour l'adopter, comment il l'a cajolé, pour finir par ne plus pouvoir se passer d'elle.

"Avec vue sur la mer" est un roman touchant au personnage principale atypique, puisque composé de pierres et de tuiles. L'auteur nous raconte sa maison tout comme la maison nous raconte l'auteur.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Touchant et drôle 15 juillet 2007
Par Miss_Plumette TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:Poche
Le seul défaut de ce livre, c'est qu'il est vraiment beaucoup trop court. Mais sinon, on passe un merveilleux moment en accompagnant l'auteur dans la recherche de sa maison bonheur au coeur de la Hague. A conseiller à tous les amoureux de cette belle région et à ceux qui veulent la découvrir. Et puis c'est un petit livre plein d'humour et de joie de vivre, qui saurait même (presque) nous faire aimer pluies et tempêtes !
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