Aviator retrace une partie de la vie d'Howard Hughes, à travers, on le devine au titre, l'aviation.
Je ne connaissais rien d'Howard Hugues avant ce film (qui m'a donné par la suite envie de lire une biographie), et j'ai trouvé le film passionnant. On ne connaîtra pas tout du célèbre et extravagant homme d'affaires américain. Ici, le film se concentre surtout sur sa carrière de réalisateur de cinéma (c'était un précurseur), sur ses exploits dans l'aviation (là aussi il avait quelques longueurs d'avance), et sur sa folie naissante ; des troubles obsessionnels compulsifs, mais à l'époque on ne connaissait pas encore grand-chose dans ce domaine, ce qui faisait passer Howard Hugues pour un fou.
Par contre, sa CIA personnelle et ses innombrables conquêtes féminines qu'il faisait espionnées sont juste évoquées, sans réél approfondissement, et sûrement par pudeur de la part de Scorsese, car Howard Hugues voulait qu'on se souvienne de lui dans les domaines où il avait brillé. De même, le film s'arrête avant d'aborder la déchéance (mais il la laisse deviner), lorsque Howard Hugues, à cause de ses troubles, est devenu la vache à lait de sa CIA personnelle.
Scorsese fait revivre les découvertes en aviation et les nouvelles avancées en parvenant à nous communiquer l'importance qu'elles avaient à cette époque. Son talent particulier à montrer une violence difficilement soutenable à l'écran est ici au service d'un crash particulièrement bien mis en scène, brutal et éprouvant pour le spectateur. Howard Hugues n'utilisait pas de parachute, il restait dans l'avion pour découvrir l'origine de la panne !
De même, les troubles d'Howard Hugues sont palpables à l'écran, notamment dans cette scène suffocante où Di Caprio épèle sans pouvoir s'arrêter le mot "quarantaine".
Par contre il est un peu dommage que Howard hugues soit incarné par Di Caprio, quand Hugh Jackman avait le physique rêvé, avec un visage assez proche du célèbre aviateur, un même dandysme dans l'allure, une façon de se tenir assez proche, un corps tout en longueur.
Même si les critiques intellos s'attaquent parfois au mimétisme des biopics (l'art de trouver des défauts à ce qui relève du bon sens), je pense qu'il s'agit ici d'une erreur de casting. Pas bien grave, Di Caprio est loin d'être un mauvais acteur, il est même impeccable. C'est juste un peu agaçant, comme une écharde, de savoir qu'il y avait plus ressemblant à disposition.