En 1999, Sam Mendes réalisa le fabuleux
American Beauty (Kevin Spacey), chef d'aeuvre du désespoir cruel made in America.
En 2008, il rencontra un autre immense succès avec ses
Les Noces rebelles [Revolutionary Road] (Kate Winslett et Leonardo DiCaprio) pour peindre au vitriol l'Amérique blanche et bourgeoise des années 50
Un an plus tard, ce réalisateur anglais qui se complait à titiller le mode de vie à l'américaine remet une nouvelle copie presque désopilante et presque jubilatoire : « Away We Go ». Cette fois-ci, les grandes stars de Hollywood sont absentes, remplacées par des vedettes de sitcom (John Krasinski et Maya Rudolph, guère connus de ce côté-ci de l'Atlantique) mais cela ne nuit en rien aux discours du réalisateur, à savoir analyser les petits travers de la société américaine post-hippie.
On sourit facilement de ces petits travers, de ces profils atypiques, de ces hippies, de ces protecteurs, de ces matérialistes ou de ces « new-age ». Le vagabondage de ces deux êtres à travers les États-Unis a un aspect jubilatoire devant ces dérives comportementales de notre amère société et Burt avec son air débonnaire, ses cheveux hirsutes et sa barbe hippie est délicieux, un peu baba, un peu cool et beaucoup déjanté. Voilà un gars auquel j'aimerai ressembler dans sa philosophie, toujours optimiste, toujours « no-soucy », une belle leçon de comment vivre au XXIe siècle sans se poser trop de questions. A cela s'ajoute une bande son, tendance indie-folk, signée Alexi Murdoch, ce qui donne une raison supplémentaire de savourer
Away We Go (Bof).