L'illustration de pochette (et il faut voir l'intérieur !) a des allures d'improbable carnaval fantaisiste et pluriculturel. Une image qui convient bien aux directions musicales d'Aystelum, disque fort attachant de l'inclassable Ed Motta, un personnage aux multiples passions. En ce qui concerne le domaine musical, il pratique et bricole notamment claviers et percussions, et chante fort honorablement.
Mais Ed Motta est surtout un brillant compositeur/arrangeur et créateur d'atmosphères festives. Le résultat ? Un joyeux et pétillant maelström de jazz, de musique brésilienne, d'une certaine forme de soul...
Le bal s'ouvre avec « Awunizm », une plage brûlante aux couleurs de jazz ensoleillé.
Difficile ensuite de résister à l'hyper-dynamique « E muita gig véi !!! », au survitaminé « Patidid », ou encore au groove moelleux « Guezagui » qui clôt le disque.
Motta sait aussi ménager l'auditeur avec des moments plus veloutés : « Samba azul », belle ballade méditative, ou le doux et entêtant « A charada ».
Doté d'une voix caressante qu'il utilise à bon escient et sans excès, parfois à la manière d'un instrument (sans texte), l'oncle Ed sait aussi varier les combinaisons d'effectif (des cordes, deux batteries et deux contrebasses (!) dans « Balendoah »; un groupe king size atyique et des chanteurs invités pour la suite délirante « Abertura », « Ma Rua », « Cançao em torno dele »).
Bref, un album idéal pour pénétrer l'univers de la musique brésilienne contemporaine.