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5.0 étoiles sur 5
Renoir adapte Zola...résultat : un chef-d'oeuvre...!, 30 octobre 2010
Alors que le septième art fait ses débuts officiels en décembre 1895, on trouve dès 1902 des programmes inspirés de l'oeuvre d'Emile Zola... En ce sens, on peut dire que les adaptations de ses romans sont nées avec le cinématographe. Cette vogue pour le romancier a culminé de la fin des années 20 au tournant des années 60, en France comme à l'étranger. Au point de constituer un genre à part entière où se rejoignent propos humaniste et performances d'acteurs.
L'HISTOIRE DU FILM : Témoin d'un meurtre commis par Roubaud, chef de gare au Havre, Jacques Lantier, mécanicien de locomotive, devient l'amant de Séverine, la femme de l'assassin. Ce secret les rapproche et Séverine incite Lantier à tuer Roubaud qu'elle déteste. Mais Lantier souffre d'un terrible mal qui l'empêche de vivre ses passions amoureuses...
Le cinéaste Jean Renoir admire depuis longtemps le cycle consacré par Zola à la famille des Rougon-Macquart : Mais l'intrigue de "La bête humaine" est davantage centrée sur la figure du cheminot Jacques Lantier, fils de Gervaise, l'héroine malheureuse de "l'assommoir", et frère d'Etienne Lantier dont la vie est décrite dans "Germinal". Pour autant, Renoir ne respecte pas à la lettre l'intrigue touffue du roman... Ainsi, ce n'est plus de l'extérieur du convoi que Jacques aperçoit le meurtre initial, mais dans le train lui-même. Et Renoir n'hésite pas à créer de toutes pièces la scène du bal des cheminots. André Bazin considérait que Renoir, en voulant simplifier et dramatiser le récit à partir des normes du cinéma, avait obtenu un résultat meilleur que le roman.
En tout état de cause, l'oeuvre de Zola rejoint parfaitement les idéaux progressistes du réalisateur, tout comme les aspirations soulevées deux ans plus tôt par le Front populaire.
Deux ans après leur première collaboration pour "Les bas-fonds", Gabin et Renoir se retrouvent donc, pour porter à l'écran le roman d'Emile Zola. A la fois drame social et romance tragique, "La bête humaine" s'avèrera l'un des chefs-d'oeuvre de l'immédiat avant guerre. A tous points de vue, la sortie du film en 1938 représente un coup de tonnerre dans le ciel relativement paisible du cinéma français. Là où d'autres tournent des romances légères destinées à divertir les foules sans trop les bousculer, Renoir décide d'adapter un des romans les plus violents de Zola. Il choisit d'actualiser l'histoire et de l'ancrer dans un contexte non seulement réaliste, mais populaire, afin que le spectateur puisse s'identifier aux drames vécus par les personnages.
Gabin en "Jacques Lantier" est prodigieux, plus vrai que nature par son interprétation d'une sobriété exemplaire. De même, la conception très moderne qu'a Gabin de son métier lui fait accepter, malgré son statut de star, de prendre des risques en termes d'image car son personnage n'a rien du héros romantique en vogue à l'époque...
Simone Simon, star sophistiquée revenue d'Hollywood pour l'occasion, donnera tort à tous ceux qui déconseillaient à Renoir de l'engager, sous prétexte que son registre se limitait aux comédies légères... et on ne vantera jamais assez les performances de Julien Carette et Fernand Ledoux dans des seconds rôles dont l'impact reste inoubliable.
Mais évidemment, la prestation la plus marquante du film est celle que livre Gabin. Renoir lui-même le saluera par ces mots : "Etre tragique au sens classique du mot, et cela en restant coiffé d'une casquette, vêtu d'un bleu de mécanicien et en parlant comme tout le monde, c'est un tour de force que Gabin a accompli en jouant le rôle de Jacques Lantier dans "La bête humaine".
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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un très grand film, 15 mai 2006
Réalisé en 1938 par Jean Renoir et adapté d'un roman de Zola, ce film raconte l'histoire de Jacques Lantier (Jean Gabin), conducteur de train sur la ligne Paris - Le Havre.
Lantier sera témoin d'un meurtre commis par le sous-chef de gare (Fernand Ledoux) et sa femme (Simone Simon). Il deviendra alors l'amant de cette femme qui essaiera de le convaincre de tuer son mari. Mais Lantier est atteint d'une drôle de maladie héritée de ses ancêtres et qui l'empêche d'aimer et d'être heureux.
Superbement réalisé et superbement filmé, ce film bénéficie d'une distribution prestigieuse et est sans conteste l'un des meilleurs films français d'avant-guerre.
Un très grand chef d'oeuvre à redécouvrir pour les fans de Gabin et pour les autres.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La fin d'un rêve, 26 novembre 2002
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bête humaine (DVD)
Oui la Bête humaine est une adapatation libre du roman de Zola et une transposition temporelle de l'oeuvre. Ici Renoir nous expose son pessimisme qui sera à son paroxisme dans son prochain film : la Règle du Jeu. Renoir ne croit plus au Front Populaire et annonce déjà sa fin. C'est Gabin qui proposa à Renoir de réaliser le film et les deux hommes furent d'accord pour engager Simone Simon. Ce film est un pur joyau, la musique signée Joseph Kosma, les cadrages de Claude Renoir Jr sont somptueux, il faillit même y laisser la vie sous un tunnel lorsque sa caméra se fracassat contre la paroi. Une anecdote : Jean Renoir y joue le rôle de Cabuche, accusé à tort du meutre du "parrain" de Simone Simon. Il retentera l'expérience en tenant le rôle d'Octave dans la Règle du Jeu...Mais reste le chef-d'oeuvre qu'est la Bête humaine
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