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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Dans les forêts désolées de la Colombie Britannique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : B.p.r.d. 1: Hell on Earth. New World (Broché)
Ce tome fait suite à King of Fear ; il comprend les 5 épisodes de la minisérie, ainsi que l'histoire courte "BPRD - Hell on earth : Seattle" (8 pages).À Marekeos en Colombie Britannique, les habitants ont pris la fâcheuse habitude de se volatiliser, un à un, sans faire de bruit, sans laisser de trace. Dans le quartier général du BPRD, Kate Corrigan a du mal à faire face, elle n'est pas loin d'être franchement dépassée par ses responsabilités. Le nouveau positionnement du BPRD l'oblige à enquêter sur tout un tas de signalements d'activité paranormale dont il est pourtant évident qu'ils ne déboucheront sur rien. Abe Sapien oriente le choix de sa mission de manière à pouvoir aller en Colombie Britannique où une feuille de choux se fait l'écho d'apparition évoquant Bigfoot. Andrew Devon devient de plus en plus difficilement gérable car il est persuadé que l'un des membres du BPRD est l'antéchrist. Johann Kraus reste obsédé par la possibilité de retrouver un corps. Panya semble profiter de l'hospitalité du BPRD, tout en évitant habilement de participer à l'effort collectif. L'interlude "Seattle" met en scène Carla Giarocco, à la fin d'une mission d'extermination à Seattle qui s'est avérée particulièrement destructrice. Comme à leur habitude, Mike Mignola et John Arcudi conçoivent une intrigue bien ficelée qui laisse la part belle aux personnages. Kate Corigan donne tout ce qu'elle peut pour faire fonctionner le BPRD malgré des membres dont il devient de plus en plus évident qu'ils ont chacun leurs objectifs plus ou moins convergents avec ceux de cette organisation. Finalement Benjamin Daimio avait peut être raison, le BPRD ne peut être efficace qu'encadré dans une structure de commandement bien hiérarchisée. Abe Sapien a également droit à une bonne part des pages du récit pour que le lecteur puisse reprendre contact avec ce personnage et connaître son état d'esprit. Ils parsèment le récit de scènes révélatrices sur les activités de Kraus et de Panya qui promettent des moments compliqués, mais qui montrent aussi que chaque agent du BPRD est un individu à part entière qui ne se laisse pas gentiment embrigader pour le seul bien de l'humanité. En bons conteurs, Mignola et Arcudi ne se contentent pas de décrire les manigances masquées des membres du BPRD, ils proposent également une bonne vieille histoire de disparitions avec un horrible monstre à la clef. Malgré le point de départ d'un classicisme éprouvé, le mystère tient bon et l'enquête recèle plusieurs horreurs qui fonctionnent. Il faut dire qu'ils bénéficient une fois de plus des illustrations de Guy Davis (la dernière en l'occurrence, puisque Tyler Crook, un nouveau dessinateur, arrive sur la série dans le tome suivant), avec la mise en couleurs discrète et complémentaire de Dave Stewart. Alors que Davis poursuit avec son style un peu rugueux et esquissé, Stewart rehausse les illustrations par petites touches. Par exemple, dans la deuxième page du troisième épisode, la scène se déroule dans un de ces restaurants bon marché au bord d'une highway. Dans la deuxième case, un pot quelconque traîne sur une étagère en arrière plan. À l'aide d'une dizaine de touches de couleurs pales, Stewart transforme cet objet indistinct en un distributeur de chewing-gums. Cet exemple pris au hasard semble anodin, mais il met en lumière le soin avec lequel Stewart réalise son travail, tout en restant en retrait des dessins. On est très loin d'un individu découvrant les millions de couleurs possibles avec l'infographie, il s'agit plus d'un artiste à part entière. Évidemment le travail de Guy Davis reste remarquable en lui-même. Les humains présentent tous des visages marqués par leur vie, pas vraiment beaux, mais expressifs, singuliers, vivants, naturels. Les clients du Dinner sont des gens ordinaires, banals, des gens tous différents, mais tous quotidiens. Le visage d'Abe Sapien reste hermétique et étranger à l'humanité, malgré les émotions qui peuvent le traverser. Tous les individus ont des proportions raisonnables, il n'y a pas d'exagération des musculatures ou d'hyper-sexualisation. Guy Davis ne recherche jamais le plus petit dénominateur commun pour dramatiser les illustrations. C'est même son économie de moyens qui lui permet de rendre cette forêt de Colombie Britannique vraiment inquiétante. Ces hautes futaies dégagent un sentiment de désolation, et d'abandon assez impressionnant. Sa mise en page repose toujours sur des cases rectangulaires sagement juxtaposées, ce qui ne retire rien à l'efficacité de ses séquences d'action. Lors des 7 pages quasi-muettes de la course poursuite de l'épisode 3, les pages se tournent toutes seules, les mouvements coulent naturellement d'une case à l'autre. La guerre contre les grenouilles semble bel et bien finie, mais les monstres sont plus que jamais présents sur terre. Mignola et Arcudi ont promis que le titre "Hell on earth" n'est pas là pour décorer. Ce premier tome de ce nouvel acte conserve ce qui fait la saveur du BPRD : des personnages aux motivations complexes, des monstres originaux qui sèment la destruction physique et psychologique, et des illustrations singulières et évocatrices. L'enfer sur terre continue de s'étendre dans Gods and Monsters. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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