Les "Danses hongroises" de Brahms sont un réservoir inépuisable de bis pour l'orchestre, et pourtant les versions intégrales sont plus que rares à trouver au disque.
Mystère... Peut-être parce que cette anthologie de 16 danses que grava Dorati il y a près d'un demi-siècle dissuada bon nombre d'aspirants à sa concurrence !
Comment prétendre égaler ces éclats de couleurs, cette fièvre galopante, ces phrasés qui s'immobilisent nets avant de repartir en trombe...
De ces pièces inspirées du folklore de son pays natal, Dorati demeure le seul à avoir pu en soutirer de tels éclairs de virtuosité.
Ces témoignages restent les authentiques pur-sang de la discographie.
Quant aux "Variations sur un thème de Haydn", le tempérament ardent du chef ne se tient pas prisonnier des bonnes manières de ces pages, et il les emporte avec une rudesse où pointe parfois une certaine violence, comme dans ce finale tendu et presque amer.
Cette fois encore, son fidèle orchestre de Londres est le complice fulgurant de cette lutte contre une obséquiosité si facilement flattée par d'autres baguettes.