Agent immobilier dans une ville moyenne des USA, entre les deux guerres mondiales, Babitt a accédé à des revenus élevés et à une reconnaissance sociale de la part de ses pairs.
Cette middle-class, à laquelle il appartient, est décrite très finement par Lewis, qui met en évidence les valeurs exclusives de ce groupe, la famille et la réussite socio-financière. Cette classe sociale n'est guère préoccupée de culture, et encore moins d'esprit d'ouverture aux gens moins favorisés, qu'elle méprise plus ou moins ouvertement. La bête noire de la middle-class est constituée de tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent être soupçonnées d'esprit "socialiste", et de tous ceux qui les soutiennent, même timidement.
Babitt est bien intégré à son groupe social, mais il a deux particularités qui le distinguent des autres : Il se pose des questions, et il n'est pas entièrement satisfait par sa réussite, ni par sa vie conjugale.
Il va finir par se "révolter", prendre une maîtresse, passer ses soirées à boire et danser, au grand dam de sa femme. Il se permettra même le luxe d'approuver (sans excès) certains libéraux, évidemment considérés comme réactionnaires par la classe dominante.
Mais en franchissant ce pas, il réalise aussitôt qu'il est allé trop loin : Ses amis et relations le mettent à l'index, il se retrouve isolé, et même son métier en pâtit, car on ne lui confie plus d'affaires.
Babitt ne pourra pas supporter la pression que représente l'abandon de son milieu social coutumier. Bien vite, il rentrera dans le rang et se rabibochera avec ses anciennes relations, souhaitant néanmoins à son fils de trouver un épanouissement qui lui aura été refusé.
Le livre est une féroce satire du sectarisme et d'une certaine classe sociale, pleine de préjugés, on peut le rapprocher de The Great Gatsby, bien que les deux héros soient fondamentalement différents. Le style est élégant, pas toujours évident à traduire, mais plaisant à lire, d'autant que les thèmes abordés sont toujours d'actualité, 90 ans plus tard !