Voici terminée l'édition de l'entreprise commencée, en l'an 2000, par Gardiner et son équipe.
Projet pharaonique : enregistrer la quasi-totalité des cantates de Bach dimanche après dimanche à travers l'Europe, avec une incursion aux Etats-Unis.
Quasi-totalité car il manque les cantates : 11,29,37,43,72,73,82,83,94,105,108,111,113,118,119,120,125,128,156,157,168,179,189,193 et 195 à200.
Environ une trentaine qui pour certaines furent enregistrées sous le label DG.
Gardiner nous livre une cathédrale sonore d'une qualité et d'une urgence exceptionnelle.
J'ai la chance de posséder l'intégrale Harnoncourt, celle de Koopman; ainsi que les 4 coffrets Susuki
Je dois dire que ma préférence se tourne souvent vers Gardiner. (et Suzuki)
En fait le grand vainqueur c'est le Monteverdi Choir. Quelle urgence, quelle pulsion, quelle majesté.
La direction de Gardiner n'est pas en reste. Nous retrouvons, ici, son gout du théâtre qui donne à chaque cantate son poids expressif.
Les solistes sont la plupart du temps à la hauteur de cette entreprise distillant avec une grande ferveur arias et récitatifs, s'appuyant souvent sur des tempi relativement lents et contrastés
Il est délicat de mettre des mots sur une entreprise aussi gigantesque.
Les mots correspondent à la diversité. Devant ce monument nous sommes confrontés à l'Unité. Celle de l'inspiration de Jean-Sébastien Bach, celle aussi de l'interprétation de Gardiner.
L'Unité n'a pas à s'exprimer, elle se vit, elle s'écoute.