Les trois cantates présentées dans ce septième volume sont très contrastées. La BWV 20, sur la parabole de Lazare, surprend par son style "de cour", commençant par un choeur grandiose en forme d'ouverture d'opéra, et se poursuivant par des arie à la fois cérémonieux et dansants, comme si la Parole divine descendait vers les hommes depuis un trône céleste, la Voix de basse de Dieu menaçant de l'enfer éternel au son de la trompette dans le n° 8.
La BWV 2 est d'écriture austère et archaïque dans le lamento polyphonique du premier choeur. Dans les arie n° 3 et 5, on vérifie à quel point chez Bach les solistes doivent chanter comme des instruments, ce pourquoi les chanteurs d'opéra, même les meilleurs, n'y sont pas à l'aise.
Enfin, la BWV 10 est une des plus belles : c'est un Magnificat allemand dont le ton exalté et du choeur d'entrée se prolonge dans les superbes arie qui suivent, mettant en valeur les solistes, tous quatre excellents, la soprano Siri Thornhill à l'expression résolue, la basse Jan Van der Crabben dialoguant avec une basse de violon concertante, et, en duo dans leur lamento avec trompette, l'alto Petra Noskaiova et le ténor Christoph Genz.
Cette fois encore, Kuijken a su nous faire vivre cette musique comme de l'intérieur.