J’avoue que le jeu de Pierre Hantaï, dans ses précédents enregistrements Bach, m’a parfois semblé un peu raide. Même ses Variations Goldberg (chez Opus 111) me semblent manquer d’un tout petit peu de liberté (mais je ne connais pas pour autant de meilleure version).
Ici, au contraire, je suis totalement convaincu et séduit : le jeu de Pierre Hantaï est non seulement rigoureux, comme d’habitude, mais aussi d’une liberté de ton absolument magique. Allez écouter le Prélude BWV 853 : l’avez-vous jamais entendu joué avec cette respiration ample, ce geste large, ce poids ? Or tout le Livre 1 est interprété avec le même génie. De plus, le clavecin choisi par Hantaï a une sonorité superbe, dorée, riche et chaude, qui est magnifiée par une prise de son exceptionnelle due à Aline Blondiau et Nicolas Batholomée.
Je possède les versions de Leonhardt et de Van Asperen, mais je mets celle-ci devant parce qu’elle est plus libre, d’un chant et d’un son magnifiques.