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40 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Six disques pleins de vie,
Par jacqueslefataliste (Albi, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concerts avec plusieurs instruments (vol.1 à 6) (CD)
Comme on pouvait s'y attendre de la part d'un éditeur aussi exigeant qu'Alpha, ce coffret a beau être économique, il n'en est pas moins très soigné: chaque disque est en effet glissé dans une enveloppe cartonnée noire qui reprend la couverture de l'album original et qui indique, au dos, les oeuvres et les plages; quant au livret, il ne contient certes pas toutes les belles photos des livrets d'origine, mais il en reprend le texte principal et les renseignements précis.Quant aux enregistrements, ils sont vraiment magnifiques, quelles que soient les remarques de détail qu'on peut faire ici ou là. Vivacité, légèreté, complicité, jubilation, énergie, poésie: rarement la musique de Bach aura été interprétée avec une telle luminosité et un tel naturel. Rien ici n'est forcé, démonstratif ou caricatural, mais rien n'est fade non plus: tout est éperdument vivant, gorgé de sève et, en un sens, libre, tout en étant parfaitement rigoureux. Je possède plusieurs autres enregistrements de ces oeuvres (par exemple, les concertos pour clavier de Bob van Asperen, les Brandebourgeois de Savall, de Kuijken, de Gardiner, les concertos pour violon de Kuijken, les Ouvertures de Savall, etc.), mais, ici, l'enthousiasme et l'excellente prise de son emportent tout sur leur passage! Une remarquable réalisation. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
40 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Bach dépoussiéré,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concerts avec plusieurs instruments (vol.1 à 6) (CD)
Au printemps de 1729, JS Bach prend la tête du Collegium Musicum, ensemble avec lequel il va se produire chaque semaine de la froide saison dans les salles enfumées du Café de Gottfried Zimmermann, établi rue Sainte Catherine, l'artère principale de Leipzig, non loin de l'hôtel de ville. En été, le cafetier fait disposer tables et bancs dans les jardins, à l'ombre des tilleuls pour des concerts tous les vendredis soirs. Bach animera ainsi la saison de Leipzig jusqu'en 1737.C'est dans cette direction que se sont orientés les musiciens de l'ensemble Café Zimmermann : un travail de solistes dans une ambiance conviviale, pour faire entendre la musique d'orchestre de Bach sans nécessité de regroupement thématique, mais plutôt à la manière d'un concert ... chez Monsieur Zimmermann. Voila regroupés en un coffret de six disques les enregistrements que l'ensemble français "Café Zimmerman" a réalisé depuis quelques années: Les suites et concertos de Bach sont de longue date entrés au répertoire du concert. Mais l'ensemble en replace mentalement les exécutions dans le contexte de l'époque, si différent de ce que l'on connaît aujourd'hui sur la scène moderne. Hors les cours, de quelque importance qu'elles fussent, ce qui est le cas des Concertos Brandebourgeois et des Suites orchestrales, il n'existait pas au temps de Bach d'orchestres constitués permanents. Café Zimmermann a recréé avec génie l'esprit de ces orchestres, laissant chaque musicien (parmi les meilleurs de la scène européenne baroque) s'exprimer. En effet l'interprétation se signale, entre autres qualités, par le soin apporté aux dialogues entre les instrumentistes ; C'est un réseau d'échanges très finement et très vigoureusement conduits qui anime les partitions dans cet esprit de conversation qui est véritablement celui de Concerts avec plusieurs instruments, pour reprendre l'appellation donnée par Bach lui-même à ce que nous connaissons aujourd'hui sous celle de Concertos Brandebourgeois. Portée par des musiciens de tout premier plan, cette lecture conjugue parfaitement tension dramatique et expressivité, en se gardant aussi des dérives explosives observées cher Reinhard Goebel ou des partis-pris parfois un peu esthétisants de Jordi Savall, pour ne citer que deux versions majeures des fameuses Ouvertures, des Brandebourgeois, des concertos pour violon et clavecin. L'impression qui domine dans ces six CD qui reprennent les oeuvres concertantes les plus célèbres de Bach, c'est une sensation de jamais entendu, un dépoussiérage bienfaisant, une impression de légèreté et d'athenticité pleine de fougue d'oeuvres archi connues et pourtant que l'on semble ici découvrir. Alors on peut parfois préférer comme moi parfois tel ou tel concerto brandebourgeois par Trevor Pinnock par exemple, tel ou tel concerto pour violon par Koopman et Hugett, tel concerto pour clavecin par Akenine, il n'es reste pas moins que le présent coffret renferme une somme musicale somptueuse, les plus célèbres concertos de Bach, dans une interprétation de référence et sans doute amenée à bien vieillir et à rester longtemps au tout premier plan. A acquérir de toute urgence. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un événement discographique, une réinvention du Bach concertant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concerts avec plusieurs instruments (vol.1 à 6) (CD)
Volume après volume, les 6 CD de « concerts » de l'ensemble Café Zimmermann ont à chaque fois réussi le pari de convaincre la critique, trouver un vrai public, et forger une réputation à ces musiciens montants et à cette réalisation discographique. Au point que ce cycle orchestral de Bach doit désormais être considéré comme un objet musical qui aura fait date dans l'histoire discographique de ces pièces, comme les interprétations pionnières du Collegium Aureum avec Leonhardt et de Harnoncourt et son Concentus Musicus dans les Brandebourgeois, ou de Reinhard Goebel et l'ensemble Musica Antiqua Köln 20 ans plus tard (volume 1 & volume 2), ou encore de LA Petite Bande de Sigiswald Kuijken, essentiellement pour les Suites orchestrales.Ce coffret regroupe donc les 6 CDs précédemment parus, dans leur programmation originelle, c'est à dre sans regrouper les Suites d'un côté, les Brandebourgeois de l'autre, etc. C'est là l'une des grandes forces de ce coffret, car cette démarche originale permet sur chaque disque de construire un programme cohérent (soutenu à chaque fois par un essai très érudit des grandes plumes que sont Jean-Paul Combet et Gilles Cantagrel, repris intégralement dans le livret du coffret), et de faire se répondre des partitions séparées d'environ 30 ans dans la carrière de Bach, depuis l'époque de Weimar et de Köthen comme musicien de cour, jusqu'à la période de Leipzig ou ce répertoire était un amusement destiné à la clientèle du Café Zimmermann, bien distinct de ses fonctions pédagogiques et liturgiques de Cantor de Saint-Thomas. Pour lever toute incertitude, le coffret comprend donc : - Concertos pour clavecin BWV 1052, 1055, 1056 ; pour 2 clavecins BWV 1061 ; pour 3 clavecins BWV 1063, 1064 ; pour 4 clavecins BWV 1065 - Concertos pour hautbois d'amour BWV 1055 & arr. BWV 1053 - Concerto pour hautbois et violon BWV 1060 - Concertos pour violon BWV 1041 & 1042 & pour 2 violons BWV 1043 - Concerto pour flûte, violon, clavecin & cordes BWV 1044 - 6 Concertos brandebourgeois BWV 1046-1051 - 4 Ouvertures (Suites orchestrales) BWV 1066-1069 Ou encore, CD par CD : CD 1 : BWV 1052, 1055, 1042, 1050 CD 2 : BWV 1048, 1043, 1066, 1060 CD 3 : BWV 1049, 1053 (arr.), 1064, 1067 CD 4 : BWV 1041, 1061, 1044, 1047 CD 5 : BWV 1068, 1056, 1051, 1063 CD 6 : BWV 1069, 1055, 1046, 1065 Le tout, rappelons-le, est enregstré de façon impressionnante, avec un réalisme et une faculté à rendre toute la présence sonore que l'on dirait exceptionnelle, si Alpha ne nous avait pas habitué à ce luxe depuis des années. On constate aisément que tous les concertos de Bach ne sont pas inclus. En réalité, Café Zimmermann a choisi d'éviter d'enregistrer les concertos existant dans plusieurs versions pour des instruments différents. Ainsi le concerto pour clavecin BWV 1054 n'est-il pas joué, car il est un arrangement du concerto pour violon BWV 1042 qui est, lui, bel et bien présent ; même chose pour le concerto pour clavecin et deux flûtes BWV 1057, arrangement du 4e brandebourgeois, etc. Si l'on ne peut parler d'intégrale il ne manque donc pas une seule note du Bach concertant dans ce coffret. Parlons enfin de l'essentiel : l'interprétation ! Car si ces enregistrements ont fait événement et demeureront des réalisations marquantes, c'est par leurs choix radicaux. Ici, point de bel équilibre à la Trevor Pinnock (dont les enregistrements sont néanmoins une référence !) ou à la façon des superbes suites du Freiburger Barockorchester ! Café Zimmermann et ses meneurs (Pablo Valetti et Céline Frisch) font le choix de réduire l'effectif au maximum et de se jouer ces partitions (souvent rendues de façon très lisses) en les concevant comme une rencontre virtuose et détendue, une récréation musicale, ce qu'elles étaient effectivement pour Bach. Pas question ici de rechercher une artificielle perfection sonore : au contraire, l'on veut nous faire entendre le frottement des archets, la vibration des anches, et tout ce qu'un instrument ancien peut avoir de verdeur, c'est à dire non pas de défaut mais au contraire de vie bouillonnante et de fantaisie permanente. Le Bach du Café Zimmermann regarde donc résolument vers l'Italie (influence majeure du Bach de Köthen !), voire vers la France, et rompt avec les interprétations nordiques qui paraîtront bien sages après 8 heures de ce traitement. Il s'inscrit aussi dans les pas des baroqueux les plus audacieux (Goebel dans les années 1980 par exemple) et récuse l'image d'un Bach trop esthétisant, trop abstrait finalement. Ici, la musique de Bach est avant tout ce qu'elle ne devrait jamais cesser d'être, c'est à dire objet, matière musicale et non pure réalisation théorique. Alors, certes, chaque cycle, chaque concerto pris isolément ne disputera pas forcément le label de « référence » à un Manze, un Hantaï ou un Savall. Mais ce n'est pas l'objectif de Café Zimmermann : la mission que ces musiciens-ci s'était assignée est remplie. Le Bach concertant est ici repensé, réinventé. Un nouvel éclairage aussi légitime et indispensable que ceux précédemment cités et qui n'a d'intérêt que pris en bloc sans en vouloir lisser les aspérités. Tout comme est précieuse, précisément pour ses irrégularités, la fameuse perle à l'origine de l'adjectif « baroque »... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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