Avec le recul, ce premier volume des cantates de Bach par Koopman, qui commence par les cantates les plus anciennes, et qui sembla à sa parution augurer une intégrale de référence, présente bien les qualités et les défauts qui allaient s'affirmer par la suite.
Pour les qualités : choix musicologiques réfléchis, choeur et orchestre de haut niveau, direction solide, et très bonne prise de son, bien qu'un peu lointaine.
Pour les défauts : l'option d'effectifs relativement importants, tant pour l'orchestre que pour le choeur qui, même avec un grand souci de légèreté, sonnent avec moins de proximité que dans les versions plus chambristes, notamment celles avec un seul chanteur par partie chorale. Second défaut : l'inégalité des solistes, surtout dans la première moitié de l'intégrale.
Ainsi dans ce premier volume, la basse Klaus Mertens est irréprochable, comme il le sera tout au long de l'intégrale, et le ténor Guy de Mey est parfait, mais on peut regretter le choix de la soprano Barbara Schlick, dont la voix n'a plus sa juvénilité des années 80 et dont les aigus sont pincés, dans un timbre très froid, et l'emploi du contreténor Kai Wessel, à l'émission trop droite et au timbre pâle.
Koopman a la bonne idée de faire chanter certains choeurs par les solistes, mais par exemple dans la cantate BWV 150, où ce sont des solistes issus du choeur, ils ne sont pas tous à la hauteur (notamment la soprano Ann Grimm et le contreténor Peter de Groot).
C'est pourquoi, si on relève la réussite des cantates BWV 21, 131, et 71, on conseillera plutôt la version Junghänel pour les cantates BWV 4, 106 et 196
Bach: "Actus Tragicus" - Cantates BWV 4, 12, 106 & 196, et l'intégrale Suzuki pour les cantates BWV 150, 31, 185 et 172.