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Commentaires client les plus utiles
31 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Indémodable ou du moins pas dépassé aujourd'hui,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : L'Intégrale des cantates Sacrées (Coffret 60 CD) (CD)
La première intégrale des cantates sacrées a été une intégrale "baroqueuse", puisque Karl Richter, par exemple, un non-baroqueux, n'a réalisé que 75 cantates sur près de 200. On ne dira pas que l'exhaustivité est inutile, car les pièces intéressantes ne se limitent aux oeuvres les plus enregistrées (BWV 4, 56, 82, 140, 147, etc) et il n'y a que très peu de cantates d'intérêt secondaire dans toutes celles qu'on a conservées du Cantor de Leipzig.Cette intégrale a été enregistrée sur la longueur des années 70 et 80, dans l'ordre des n° de BWV, qui n'est ni celui de l'année liturgique, ni celui chronologique. Pour la commodité de l'auditeur, qui n'a pas besoin de consulter la liste des n° ou des titres avant d'écouter la cantate qu'il veut, ce choix est donc le plus pratique. Au début, beaucoup ont eu de la peine à s'habituer à ce style baroqueux, mais cette difficulté semble dépassée actuellement pour la majorité des mélomanes, même âgés. A l'époque, on appréciait Gustav Leonhardt beaucoup plus que Nikolaus Harnoncourt, lequel a dirigé environ trois quarts des cantates: on disait le premier plus humain et moins systématique que le second; mais, quelque trente ans après, sans prétendre que cette opposition est dépourvue de sens, on ne taxerait pas Harnoncourt d'inhumanité, du moins dans ce répertoire, puisqu'on peut le trouver bien plus critiquable, démonstratif et systématique avec d'autres compositeurs. Ceci dit, il y a souvent de graves défauts de justesse, et pas seulement chez les petits garçons... Il reste que des concurrents sont apparus, y compris parmi ceux qui avaient travaillé à ces enregistrements. Il y a eu quelques évolutions: - on s'est découragé d'utiliser des chanteurs petits garçons dans les emplois de soprano, comme cette intégrale le faisait, et on est donc revenu à des femmes, mais on continue d'utiliser les altos masculins; - depuis Rifkin, on a pensé que Bach n'utilisait pas de choeurs, mais qu'il n'y avait qu'un chanteur pour chaque partie; cette pratique n'est pas acceptée par tous; c'est paraît-il plus transparent, mais c'est à la musique ce qu'est l'anorexie à la cuisine bourgeoise; - le tempo est de plus en plus rapide : Harnoncourt était plus rapide que Richter (pas dans le choeur initial de la cantate n° 1, qui n'avait pas contribué à me convertir aux baroqueux, vers 1980...) ou Münchinger; Koopman, moins architecturé que Harnoncourt et Leonhardt, d'une souplesse qu'on dirait liquide, et dansante, mais dont le style séduisant est par trop uniforme, souvent plus; Junghänel, c'est le TGV, en partie parce que la lourde locomotive des choeurs n'a plus besoin de se lancer; de tels tempi allègres, parfaits pour les passages joyeux, conviennent-ils vraiment aux textes qui expriment la douleur du Christ crucifié ou les angoisses du chrétien ? Nuançons cette tendance à l'accélération, l'excellent, quoique centriste en tout (peut-être trop...), Masaaki Suzuki, n'est pas spécialement rapide; Gardiner, souvent aussi lent ou davantage que Harnoncourt et Leonhardt, semble globalement moins passionnant et plus survolé (la série avec les couvertures "Tiers Monde"); il reste qu'il y a eu plutôt un progrès dans la gaieté, je ne parle pas de l'ascétique Herreweghe; - le déclin est celui des chanteurs, qui ont certes appris à vocaliser ou à animer le discours (les récitatifs en ont particulièrement profité, si on les compare à ceux de l'ancienne école); ce n'est pas trop évident à l'époque de Harnoncourt et de Leonhardt qui disposaient notamment de la basse Max van Egmond, du ténor Kurt Equiluz, même si Richter avait Fischer-Dieskau et, au début, Haefliger, et si Münchinger faisait travailler Ameling; pourtant, même dans l'intégrale Teldec, on sent une évolution, avec l'arrivée heureusement provisoire de l'insupportable ténor Marius van Altena, le remplacement de van Egmond ou Equiluz quand ils étaient indisponibles ou peut-être en fin de carrière qui n'a pas toujours été un progrès, de même que l'on remarque que les petits chanteurs déclinaient progressivement du début à la fin (on aura compris que ce n'était pas les mêmes...) et qu'il devenait impossible de trouver de nouveaux Peter Jelosits; exception notable, pour les altos, René Jacobs, apparu dès les années 70, surclassait Paul Eswood. Pour toutes ces raisons, si cette intégrale Harnoncourt-Leonhardt, pionnière en son temps, n'est plus à la pointe du style d'interprétation, ses qualités restent suffisantes pour qu'on puisse l'oublier à l'avantage des réalisations actuelles, parfois trop inégales, ou trop unidimensionnelles. Il faudrait pouvoir comparer cantate par cantate. Si vous avez le temps... PS. Je vous prie de lire aussi une intéressante remarque qui corrige une erreur de ma part. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
21 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Formidable,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : L'Intégrale des cantates Sacrées (Coffret 60 CD) (CD)
Il est injuste de ne donner qu'une étoile à ce coffret sous pretexte que le commerçant n'a pas livré le produit à temps.Les interprètes n'ont pas mérité ça,car il n'y sont pour rien. Ce coffret mérite largement ses cinq étoiles!Tout est parfait.Jamais d'emphase mais jamais de raideur non plus.Seulement une musique bien comprise et magnifiquement restituée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
32 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
LA SOMME,
Par BAGRATION "GEKKO MODO, L'AMI DES BETES" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : L'Intégrale des cantates Sacrées (Coffret 60 CD) (CD)
La Somme au sens de sommet, de totalité...Harnoncourt et Leonhardt ont recrée la musique de Bach. Le Maître de Leipzig méritait bien cela car les cantates qu'il composait il y a plus de deux cent ans sont toutes remarquables avec des sommets d'une hauteur exceptionnelle (cantates BWV 1,4,29,30, 51,78,80,106 par exemple).On peut comparer les apports respectifs de Koopman, Suzuki, Herreweghe, Gardiner, Junghanël..., gloser, soupeser, mesurer, debattre, discuter...le travail de Leonhardt et Harnoncourt reste séminal. S'il l'on peut ne pas choisir, on ira vers les uns ou les autres. Si l'on veut entrer de plain-pied dans cet immense monument élevé à la Gloire du Tout-Puissant,l'apprivoiser, finir par s'y sentir comme chez soi et y déambuler familièrement, alors cette Intégrale s'impose d'elle-même. Elle n'a pas pris une ride, porte le souffle spirituel de chefs d'orchestre inspirés et rend le plus bel hommage au Cantor dont les compositions comptent parmi les plus exceptionnels paysages de la Musique Classique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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