Pour faire bref, cet enregistrement live (enregistré dans le cadre du festival de Saint-Jacques de Compostelle) est souvent fascinant.
Minkowski choisit une option originale à mi-chemin entre le choeur et le groupe de solistes : deux chanteurs par voix. Ce choix, pleinement justifié par le texte d'accompagnement, rend les parties chorales souples, vives, alertes, mais sans dédaigner la profondeur et l'homogénéité, tant les voix savent se mêler les unes aux autres.
L'orchestre des Musiciens du Louvre est bien entendu superlatif et impressionnant. Si l'on retrouve les qualités de vivacité propres au chef, celui-ci n'en a pas moins une conception réelle de la Messe en Si, et fait apparaître la diversité d'inspiration de Bach tout en conservant le côté organique de l'oeuvre. L'interprétation joue donc à la fois sur les contrastes et la continuité.
Quelques moments sont magnifiques, comme l'Agnus Deis chanté par Nathalie Stutzmann, et le choeur final, surprenant de recueillement.
Cette interprétation renouvelle l'écoute de cette oeuvre de génie et marque une étape particulière dans la discographie de Minkowski, qui commence par cette gravure un cycle Bach, dont on attend avec impatience la suite...