Née à Shanghai, la pianiste Zhu Xiao-Mei a quitté la Chine en 1979 pour les Etats-Unis. Depuis, elle s'est installée à Paris. Cet enregistrement de 1990 réédité récemment fait bien percevoir ses qualités. Les Variations Goldberg restent difficiles à réussir, et il y a peu l''enregistrement de Simone Dinnerstein (Telarc) m''a passablement ennuyé. Ici on appréciera particulièrement l''absence de toute monotonie dans l''interprétation, la capacité à ciseler chaque variation comme on explorerait à chaque fois un nouveau monde en miniature. De ce point de vue, plusieurs variations rapides sont particulièrement réjouissantes (variations 1, 14, 17, 20). Cet art de la surprise et du contraste, cette élégance naturelle (variations 18, 19, 22, et 28 spécialement), le grand adagio de la variation 25 sont propres à convaincre. Zhou-Xiao Mei rejoint Maria Yudina et Glenn Gould (je pense à l''étonnant concert de Salzbourg de 1959, qu''il faudrait rééditer dans son intégralité) parmi les interprètes marquants de cette œuvre au piano, œuvre qui n''a pas fini d''étonner et d''offrir des possibilités inédites aux musiciens les plus intrépides.